Raids, pressions et recrues introuvables : la Russie commence à manquer d’hommes
La Russie recrute encore des centaines de milliers de soldats, mais les pertes seraient devenues si lourdes que Moscou peine à constituer des réserves. Selon une enquête du Financial Times, les autorités multiplient désormais primes, pressions et enrôlements coercitifs pour alimenter un front qui engloutirait plus de 30.000 hommes par mois.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La machine de guerre russe doit désormais ratisser toujours plus profondément sa propre société pour trouver les hommes nécessaires à la poursuite de son offensive. Raids, pressions, primes colossales : derrière les discours triomphants du Kremlin, l’avantage humain de Moscou montre des signes d’épuisement.
Sommaire
- 200.000 recrues… presque aussitôt absorbées par le front
- Plus de soldats, mais des offensives de plus en plus petites
- Un demi-million de soldats russes tués, selon les estimations occidentales
- Jusqu’à 56.000 dollars pour accepter de partir au front
- Des hommes emmenés dans la rue
- Endetté ou poursuivi par la police ? Vous devenez une cible idéale
- Tout pour éviter le mot « mobilisation »
- Au moins 28.000 condamnations pour désertion
- Le pari de Poutine atteint-il ses limites ?
Pendant plus de quatre ans, Vladimir Poutine a pu compter sur l’un des principaux avantages structurels de la Russie face à l’Ukraine : un réservoir humain considérablement plus important que celui de son adversaire.
Cette mécanique commence-t-elle à atteindre ses limites ? Une vaste enquête du Financial Times publiée ce lundi décrit une armée russe soumise à une pression humaine croissante. Raids policiers, hommes conduits dans des bureaux de recrutement, démarchage de personnes endettées ou poursuivies par la justice, primes gigantesques et pressions exercées sur les étudiants : Moscou semble devoir aller toujours plus loin pour trouver les soldats nécessaires à la poursuite de la guerre.
La raison est simple : la Russie perdrait désormais plus de 30.000 hommes par mois selon les estimations occidentales citées par le quotidien britannique, 1.000 hommes chaque jour.
À ce rythme, recruter ne suffit plus. Il faut recruter suffisamment vite pour remplacer les pertes.
200.000 recrues… presque aussitôt absorbées par le front
Sur le papier, les chiffres russes restent impressionnants. Dmitri Medvedev affirme que quelque 200.000 hommes supplémentaires ont rejoint les forces armées durant les six premiers mois de 2026. Le Kremlin aurait fixé aux autorités locales un objectif annuel de 409.000 nouvelles recrues.
Mais derrière ces chiffres se cache une faiblesse beaucoup plus inquiétante. Les pertes seraient telles qu’une grande partie des nouveaux soldats doit être envoyée directement renforcer les unités déjà engagées. Moscou peine donc à accumuler les réserves nécessaires à des opérations offensives de grande ampleur.
Autrement dit, la Russie recrute énormément pour parvenir essentiellement à maintenir sa masse combattante.
« D’année en année, de mois en mois, il est de plus en plus difficile pour l’armée russe de recruter », explique au Financial Times Grigory Sverdlin, directeur de l’organisation Get Lost, qui aide notamment les soldats russes à déserter.
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