« Mort programmée », GPA, guerre : Léon XIV met en garde la France depuis l’Élysée
Reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée pour la première journée de sa visite en France, Léon XIV a abordé plusieurs sujets sensibles. Le pape a dénoncé « l’offre d’une mort programmée », la GPA et les manipulations génétiques, tout en alertant sur le risque d’un « paradis des machines ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À l’Élysée, Léon XIV a dénoncé la « mort programmée », la GPA et les manipulations génétiques, avant de mettre en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle.
Pour la première journée de sa visite en France, Léon XIV n’a pas esquivé les sujets qui divisent profondément la société française. Reçu vendredi matin par Emmanuel Macron à l’Élysée, le souverain pontife a consacré une large partie de son discours aux questions bioéthiques, à la fin de vie et aux bouleversements provoqués par les nouvelles technologies. Il a notamment dénoncé « l’offre d’une mort programmée » et mis en garde contre la perspective d’un « paradis des machines » qui ferait perdre à l’homme son humanité.
Arrivé vendredi matin à Paris pour une visite apostolique de quatre jours, le pape a d’abord rencontré le président de la République avant de s’adresser aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique. Il a rappelé à cette occasion le « vaste patrimoine culturel et religieux » de la France et appelé le pays à rester un « artisan infatigable de paix et de multilatéralisme ». Le souverain pontife a également abordé la place du christianisme dans une société française attachée à la laïcité.
« L’offre d’une mort programmée »
Mais Léon XIV s’est surtout montré particulièrement ferme sur les questions touchant à la vie humaine. Alors que le débat français sur la fin de vie demeure particulièrement sensible, le pape a mis en garde contre une société qui répondrait à la souffrance par « l’offre d’une mort programmée ».
Une formulation sans ambiguïté qui s’inscrit dans la doctrine constante de l’Église catholique sur l’euthanasie et le suicide assisté. Léon XIV a également dénoncé la gestation pour autrui et les « manipulations génétiques », réaffirmant l’opposition de l’Église à des pratiques qu’elle considère comme contraires à la dignité humaine.
Le pape a ainsi choisi le cœur du pouvoir français pour rappeler plusieurs lignes rouges de l’Église sur des questions qui font directement l’objet de débats politiques et législatifs en France.
« La pire des œuvres de l’être humain, c’est la guerre »
Devant l’Unesco, le pape a élargi son propos aux conséquences que peuvent produire la science et la technologie lorsqu’elles sont mises au service de la destruction.
« La pire des œuvres de l’être humain, c’est la guerre où la science se met au service de cette volonté inhumaine de détruire et de tuer », a-t-il lancé.
Revenant sur l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, Léon XIV a estimé que l’humanité avait alors compris que le progrès scientifique, « lorsqu’il est coupé de la sagesse, peut devenir une arme de destruction », mais aussi que la culture soumise à l’idéologie pouvait se transformer en « fausseté et propagande » et l’éducation devenir un instrument de « manipulation des consciences ».
Le souverain pontife a également dénoncé les responsables politiques qui utilisent le droit selon leurs intérêts. « Au lieu de respecter la loi, ceux qui détiennent le pouvoir l’invoquent lorsqu’elle sert leurs intérêts et la bafouent lorsqu’elle les entrave », a-t-il déclaré devant l’Unesco, allant jusqu’à dénoncer une justice parfois traitée « comme s’il s’agissait d’une marchandise que l’on peut acheter et vendre ».
La visite de Léon XIV doit se poursuivre vendredi à Notre-Dame de Paris, où il célébrera les vêpres avec les évêques, prêtres, diacres et séminaristes, avant une veillée de prière avec les jeunes au Stade de France. Le pape doit ensuite se rendre à Lourdes samedi, puis à Metz lundi avant son retour à Rome.