Réformes du marché du travail : Clarinval décroche un double accord la veille du 1er mai
Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi David Clarinval a franchi une étape importante ce jeudi. Il a obtenu l’accord du Conseil des ministres sur l’extension des flexi-jobs à tous les secteurs, ainsi que le feu vert du Parlement pour plusieurs réformes structurelles du marché du travail.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À la veille du 1er mai, le ministre de l’Emploi David Clarinval obtient un double accord majeur : extension des flexi-jobs à tous les secteurs et adoption d’un paquet de réformes structurelles du marché du travail. Une avancée significative pour assouplir le droit du travail belge.
À quelques heures seulement de la Fête du Travail, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi David Clarinval a enregistré un double succès politique. Le gouvernement a validé en Conseil des ministres l’extension des flexi-jobs à tous les secteurs, tandis que le Parlement a donné son accord définitif à plusieurs réformes structurelles du droit du travail.
Extension des flexi-jobs à tous les secteurs
La mesure phare du jour est l’ouverture des flexi-jobs à l’ensemble des secteurs, privé comme public, dans le respect des règles d’accès aux professions protégées. Le plafond annuel des revenus flexi-jobs est relevé à 18.000 euros, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’ancien plafond. La cotisation patronale reste fixée à 28 %.
Les salariés à temps plein pourront désormais effectuer des flexi-jobs dans une entreprise liée à leur employeur principal, une demande forte notamment du secteur Horeca. Un mécanisme d’opt-out permettra aux partenaires sociaux d’exclure ou de réguler les flexi-jobs par secteur, avec possibilité d’opt-in ultérieur.
David Clarinval a salué une réforme qui répond « à une demande du terrain » : « De nombreux travailleurs souhaitent travailler plus, tandis que de nombreux employeurs peinent à trouver de la main-d’œuvre. »
Un paquet de réformes structurelles adopté
Parallèlement, le Parlement a voté plusieurs mesures importantes. L’interdiction générale du travail de nuit est supprimée dans tous les secteurs. Pour la distribution, la logistique et le commerce électronique, des règles spécifiques garantissent l’équilibre entre flexibilité et protection des travailleurs, avec maintien de la prime de nuit.
Le ministre met également fin aux règlements de travail trop complexes : les entreprises pourront inscrire un cadre général du temps de travail dans leur règlement plutôt que de lister tous les horaires possibles. La règle du tiers minimum pour les travailleurs à temps partiel est abaissée à un dixième de la durée hebdomadaire d’un temps plein.
Le système des heures supplémentaires volontaires est étendu et pérennisé à 360 heures par an dans tous les secteurs, dont 240 heures brut = net (sans cotisations sociales ni impôt sur le revenu). Dans l’Horeca, le plafond monte à 450 heures.
Enfin, le délai de préavis est plafonné à 52 semaines à partir de 17 ans d’ancienneté pour les nouveaux contrats, afin de favoriser la mobilité des travailleurs seniors. Le travail étudiant est ouvert dès 15 ans pour tous les jeunes, avec des protections spécifiques, et les jeunes de 16 ans pourront travailler les dimanches et jours fériés dans le commerce de détail, les maisons de repos et comme sauveteurs.
Une modernisation attendue
David Clarinval a présenté ces réformes comme une réponse concrète aux rigidités du marché du travail belge. « Avec ces mesures, notre pays est enfin prêt pour le XXIe siècle », a-t-il déclaré.
Ces avancées interviennent après la limitation du chômage dans le temps adoptée en 2025 et s’inscrivent dans l’accord de gouvernement. Elles visent à rendre le marché du travail plus flexible, plus attractif pour les employeurs et plus incitatif pour les travailleurs qui souhaitent augmenter leurs revenus.
Le timing, à la veille du 1er mai, est particulièrement symbolique : le ministre de l’Emploi (MR) affiche une série de mesures concrètes au moment où la gauche traditionnelle appelle à la mobilisation sociale.