Sophie Wilmes : « Si on votait maintenant, la plateforme pro-européenne classique n'aurait plus de majorité. »
Sophie Wilmes redonne de la voix dans la presse. Elle analyse l'état de l'Europe, du Grean Deal ou des votes de plus en en plus contre le projet européen dans de nombreux pays.
Publié par J.PE
L’ancienne Première Ministre libérale se fait rare dans la presse mais elle a donné ce week-end une interview à nos confrères de La Libre afin d’exposer sa vision européenne. Elle avait accordé un entretien à 21News il y a quelques mois.
Elle signale qu’il commence à y avoir des changements au sein de la commission qui est axée aujourd’hui plus sur la compétitivité que sur le Green Deal : « Par rapport à la législature précédente, fort axée sur le Green Deal (ou Pacte vert), on a basculé dans un discours sur la compétitivité, et c'est normal, vu l'évolution du monde. On parle aussi de défense, d'énergie, de pouvoir d'achat, mais la coupole, c'est la compétitivité. Ceci étant dit, sur ce sujet, comme pour beaucoup d'autres, un élément important est la rapidité d'action. Et là, on estime que les propositions de la Commission tardent parfois à venir. ».
Sophie Wilmes remarque aussi que de plus en plus de votes ne sont plus dans une direction pour plus d’Europe. Ainsi elle déclare : « Je ne dis pas que ça me fait plaisir, mais c'est ça, la démocratie. Je lisais récemment une extrapolation des sondages sur le Parlement européen : si on votait maintenant, la plateforme pro-européenne classique n'aurait plus de majorité. C'est interpellant. Ça doit servir le signal. Nous avons encore l'opportunité d'essayer de renverser la vapeur. »
Les forces de droite ou d’extrême-droite sont de plus en plus importante au sein du parlement européen et pourraient peut-être au vu de l’affaiblissement des partis de gauche ou du centre partout en Europe être majoritaire. Sophie Wilmes répond à ce sujet : « En d'autres temps, je vous aurais dit : "Ça, c'est de la politique-fiction, n'en parlons pas", mais si on fait face à la réalité objective, c'est n'est malheureusement plus le cas. Vous n'allez toutefois pas entendre de ma bouche l'acceptation de cette situation. Ce sur quoi je veux me focaliser aujourd'hui, c'est d'essayer de trouver avec les autres démocrates des solutions à ce problème. C'est vrai que ce train arrive. Alors, l'idée c'est de le faire dévier. »
Enfin, Sophie Wilmes regrette n’être plus invitée au bureau de son parti, ne disposant plus de poste dans un exécutif. Elle signale à ce sujet : « Je trouve cela un peu dommage. J'ai l'impression de pouvoir encore apporter au parti mes analyses. Et c'est en effet important de pouvoir le faire dans des cercles plus restreints où il est possible d'échanger. Mais ce genre de décisions, semble-t-il, relève de la prérogative du président. Il y a toutefois d'autres instances au sein du MR qui permettent de s'exprimer. »