Ossements découverts à Visé : la compagne de Farid Bouzid soupçonnée de l’avoir tué
Le corps de Farid Bouzid, disparu en 2018, reposait sous une terrasse à Visé. Sa compagne Éloïse Ouijen, aujourd’hui soupçonnée de l’avoir tué, affirmait aux voisins qu’il avait quitté la Belgique.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Les ossements découverts sous une terrasse à Visé appartiennent à Farid, disparu depuis 2018. Sa compagne Éloïse aurait reconnu l’avoir tué, tout en contestant une préméditation. Les voisins, qui croyaient à un départ volontaire vers l’Allemagne ou l’Algérie, décrivent leur profonde stupéfaction.
Les analyses ADN viennent de lever le dernier doute. Les ossements découverts début juillet sous une terrasse à Visé appartiennent à Farid. Cet homme d’une quarantaine d’années avait disparu en 2018, d'après RTLInfo via Belga.
Farid vivait alors dans cette maison avec sa compagne Éloïse et leur jeune fils. Après sa disparition, il n’avait plus donné aucun signe de vie. L’enquête n’avait pas permis de déterminer ce qui lui était arrivé.
Pendant huit ans, le voisinage a cru à un départ volontaire. Éloïse expliquait que son compagnon avait rejoint des proches en Allemagne ou en Algérie. Les habitants du quartier n’avaient aucune raison apparente de douter de cette version.
Le corps de Farid découvert sous une terrasse
La police judiciaire fédérale de Liège a finalement repris le dossier. Les enquêteurs se sont notamment intéressés à des travaux de bétonnage réalisés autour de la maison. Le 3 juillet, ils ont lancé des fouilles à l’arrière de l’habitation.
La police, la Protection civile et des spécialistes de l’identification ont investi les lieux. Le dispositif a immédiatement attiré l’attention du quartier. Les recherches ont conduit à la découverte d’ossements sous une dalle de béton servant de terrasse.
Les résultats des analyses médico-légales ont confirmé leur identité quelques semaines plus tard. Il s’agissait bien des restes de Farid. Cette découverte transforme une disparition inexpliquée en enquête sur un homicide présumé.
« On a cru ce qu’elle nous avait dit »
Pour les voisins, la nouvelle provoque une profonde stupeur. Beaucoup avaient accepté l’explication donnée par Éloïse après la disparition de son compagnon.
« Du jour au lendemain, pour nous, il était parti. C’est ce qu’elle nous avait dit. Elle disait qu’elle n’avait pas compris non plus. Donc on a cru ce qu’elle nous avait dit », raconte une voisine.
Les habitants décrivent une femme discrète, aimable et toujours prête à rendre service. Son profil leur paraît difficilement conciliable avec les faits que les enquêteurs lui reprochent.
« On ne peut pas imaginer que cela arrive aussi près de chez soi. Surtout elle, pas du tout elle. C’est quelqu’un de gentil, de serviable, qui a la main sur le cœur », confie une habitante.
La famille de Farid soulagée de connaître la vérité
Éloïse aurait reconnu avoir tué son compagnon et dissimulé son corps. Elle aurait cependant contesté toute préméditation. L’enquête doit encore déterminer les circonstances précises de la mort de Farid.
La justice l’a placée en détention préventive au début de l’été. La chambre du conseil doit prochainement réexaminer son mandat d’arrêt. Le parquet de Liège ne livre aucun autre détail à ce stade. Éloïse bénéficie de la présomption d’innocence.
La famille de Farid ressent à la fois du soulagement et de la stupeur. Pendant huit ans, ses proches ont pu croire qu’il avait choisi de les abandonner.
« C’est aussi un soulagement de savoir que Farid n’avait pas abandonné sa famille », explique leur avocat. L’identification du corps met fin à cette douloureuse incertitude.
Le fils du couple devra désormais affronter une autre réalité. Il pensait que son père était parti sans explication. Sa mère se retrouve aujourd’hui soupçonnée de l’avoir tué.
« Vous imaginez le choc pour lui », résume une voisine. L’enfant se trouve désormais au centre d’un drame familial dont la justice doit encore reconstituer chaque étape.