Un deuxième dimanche sans voiture à Bruxelles fixé le jour de la fête des mères
Bruxelles ajoutera dès 2027 une seconde journée sans voiture, fixée au cœur d’un week-end déjà saturé, entre Fête des mères et retours de vacances, relançant le débat sur les contraintes imposées aux automobilistes et les tensions politiques.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Bruxelles instaurera en 2027 un second dimanche sans voiture, fixé au 9 mai. La mesure, portée par Groen, suscite de vives critiques. Olivier Maingain refuse d’en assumer le coût, dénonce une date pénalisante et y voit un retour du plan Good Move.
La Région bruxelloise a officialisé l’instauration d’un deuxième dimanche sans voiture annuel. L’annonce a été faite le 8 mai au Parlement régional. Ce nouveau rendez-vous coïncide désormais avec la fête de l’Iris. Pour 2027, la date retenue est le dimanche 9 mai.
Une décision politique attendue
Cette mesure concrétise une revendication ancienne de Groen. Le parti écologiste flamand plaidait depuis plusieurs années pour multiplier les journées sans voitures dans la capitale. La ministre régionale de la Mobilité, Elke Van den Brandt, avait même défendu l’idée d’en organiser quatre chaque année.
Le compromis retenu reste plus limité, mais marque une évolution notable. Avec ce second rendez-vous, Bruxelles étend un dispositif déjà bien ancré dans son calendrier, traditionnellement organisé en septembre.
Un calendrier qui interroge
Le choix du 9 mai ne sera pas sans conséquences pratiques. La date coïncide avec la Fête des mères, mais aussi avec la fin des vacances de printemps, qui s’étendent du 24 avril au 9 mai. À cela s’ajoute le dernier jour du long week-end de l’Ascension, du 6 au 9 mai.
Dans ce contexte, de nombreux vacanciers pourraient se retrouver contraints dans leurs déplacements. Le retour vers la capitale, habituellement concentré sur cette journée, devra composer avec les restrictions de circulation. Une situation qui risque de compliquer l’organisation de nombreux ménages.
Maingain vent debout
Olivier Maingain (Lib-res), bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, s’oppose frontalement à la mesure. Il refuse explicitement d’en assumer le coût pour sa commune : « Je n'assurerai pas la charge budgétaire de cette nouvelle journée sans voiture », tranche-t-il.
L’élu fustige également le choix du calendrier, qu’il juge pénalisant pour les habitants. « Ceux qui voudront rentrer de week-end devront attendre aux portes de Bruxelles pour pouvoir rentrer chez eux », prévient-il, pointant un risque de blocage pour de nombreux automobilistes.
Au-delà de ces critiques pratiques, Olivier Maingain dénonce une orientation politique qu’il estime contradictoire. « On nous impose une nouvelle mesure qui relève de Good Move, alors que le MR avait décidé de supprimer Good Move », insiste-t-il, dénonçant un retour déguisé de cette stratégie.
Sensibilisation ou contrainte ?
Du côté des autorités régionales, l’accent est mis sur la portée pédagogique de l’événement. Boris Dilliès (MR), ministre-président de la Région bruxelloise, insiste sur la dimension informative. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’un moment festif, mais aussi d’une occasion de sensibiliser les habitants aux enjeux de mobilité.
« Nous devons en faire plus qu’une simple journée conviviale », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’en faire un moment d’information et de sensibilisation à la mobilité à Bruxelles.
Reste que l’extension du dispositif, combinée à un calendrier jugé inadapté par certains élus locaux, ravive les tensions entre ambitions régionales et réalités du terrain.