Malades de longue durée : Vandenbroucke durcit le ton face aux mutuelles
Face à l’augmentation des malades de longue durée et au coût du système, Frank Vandenbroucke hausse le ton. Le ministre veut conditionner les moyens des mutuelles à leurs résultats et revoir plusieurs mécanismes jugés insuffisamment efficaces.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Frank Vandenbroucke veut conditionner le financement des mutuelles à leurs résultats, notamment sur le retour à l’emploi des malades de longue durée. Il envisage aussi de revoir assurances et aides sociales, tout en refusant la suppression du système.
Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), place les mutuelles devant leurs responsabilités.
Dans un entretien accordé à De Standaard, il appelle à une transformation en profondeur de leur fonctionnement, estimant que leur survie dépend désormais de leur capacité à évoluer rapidement.
Pression accrue sur les résultats
Au cœur de sa stratégie, une évaluation plus stricte des performances. Le ministre entend notamment vérifier si les mutuelles contribuent réellement au retour à l’emploi des personnes en incapacité de longue durée, un enjeu majeur pour les finances publiques.
Chaque année, ces organismes bénéficient de plus d’un milliard d’euros de moyens de fonctionnement. Une enveloppe conséquente que Frank Vandenbroucke souhaite désormais conditionner davantage à des résultats concrets. Cette logique pourrait s’étendre au-delà des seuls malades de longue durée, marquant un tournant dans le financement du secteur.
Réformes tous azimuts
La remise à plat envisagée ne se limite pas à l’accompagnement des patients. Le ministre annonce également un examen approfondi des assurances complémentaires obligatoires ainsi que des assurances hospitalisation facultatives.
Autre dossier sensible, l’intervention majorée. Ce mécanisme, destiné à soutenir les revenus modestes, pourrait être revu. Frank Vandenbroucke souhaite y intégrer de nouveaux critères, en prenant en compte les revenus issus des flexi-jobs ainsi que les revenus mobiliers, afin d’affiner le ciblage des bénéficiaires.
Entre réforme et maintien du modèle
Malgré cette ligne ferme, le ministre rejette l’idée d’une suppression pure et simple des mutuelles, comme le propose la N-VA. Il défend au contraire leur rôle, tout en estimant indispensable de les pousser à se réformer.
Selon le ministre, la pression exercée au quotidien vise précisément à éviter une remise en cause radicale du modèle. L’objectif affiché est clair, adapter ces institutions aux défis actuels plutôt que les remplacer, dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes et de transformation du marché du travail.