Une actrice contemporaine donne des leçons de genre au poète des Achéens (analyse)
Lupita Nyong’o, choisie pour incarner Hélène de Troie dans L’Odyssée de Christopher Nolan, a critiqué Homère pour le peu de place accordé aux perspectives féminines. Une lecture des textes montre pourtant que les figures féminines structurent en profondeur les deux grandes épopées grecques.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Lupita Nyong’o critique Homère pour le manque de « perspectives féminines ». Pourtant, Pénélope, Athéna, Hélène et d’autres personnages féminins occupent une place centrale et puissante dans L’Iliade et L’Odyssée. Un article qui confronte les textes aux accusations modernes.
Lupita Nyong’o incarne Hélène de Sparte dans l’adaptation de L’Odyssée réalisée par Christopher Nolan. Dans des interviews récentes, l’actrice a regretté que les épopées homériques accordent peu de place aux « perspectives féminines » et a salué le film pour avoir « élargi » ces rôles. Elle a par ailleurs admis avoir découvert l’œuvre via un « crash course » avant le tournage.
Ces remarques méritent d’être confrontées aux textes eux-mêmes. Car les accusations de manque de femmes ou de sexisme appliquées à Homère révèlent surtout une méconnaissance profonde de la nature et de la structure des deux grands poèmes.
"Very little time in the Odyssey is spent in the perspective of a woman"
— George Alexopoulos (@GPrime85) July 6, 2026
O illiterate founder of Greece, the goddess Athena (a female) drives the entire story from start to finish. Her fingerprints are on every page.
The entire point of the story is that mortals, in spite of… pic.twitter.com/U0A0cdRNn1
Des figures féminines centrales et puissantes
Dans L’Iliade comme dans L’Odyssée, les femmes ne sont ni absentes ni reléguées au rang de simples faire-valoir. Elles structurent l’action et incarnent des forces morales et narratives essentielles.
Pénélope, épouse d’Ulysse, est le pivot de la seconde partie de L’Odyssée. Pendant vingt ans, elle résiste aux prétendants par l’intelligence et la ruse, maintenant l’ordre du foyer en l’absence du maître. Son refus obstiné et sa fidélité constituent l’un des axes moraux du poème. Sans elle, le retour d’Ulysse n’aurait pas le même sens.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter