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Wallonie : la baisse des droits d’enregistrement a réveillé le marché immobilier

par Demetrio Scagliola
Photos Belgaimage

Le marché immobilier belge est reparti à la hausse en 2025, selon le baromètre annuel des notaires. Après trois années de recul, les ventes ont augmenté dans les trois Régions, avec toutefois des écarts marqués entre provinces, tant en termes de volumes que de prix. La réforme de la fiscalité imprimée par la nouvelle majorité (MR-Engagés), avec la baisse significative des droits d’enregistrement a clairement boosté le marché et permis à un nouveau public, notamment les jeunes wallons, d’accéder à la propriété…

La Wallonie en tête, province par province

Avec +16,7 % d’actes de vente, la Wallonie est la Région la plus dynamique du pays. Mais cette reprise n’est pas uniforme :

  • Le Brabant wallon se distingue avec une envolée de +28,1 % des ventes, un record national.
  • La province de Luxembourg suit avec +20,3 %, confirmant l’attrait croissant pour les zones moins densément urbanisées.
  • Liège, Namur et le Hainaut enregistrent également des hausses significatives, portées par la baisse historique des droits d’enregistrement à 3 %.

La réforme fiscale sur la baisse des droits d’enregistrement, si elle a provoqué une hausse des prix quasi mécanique, a aussi permis à de nombreux ménages, notamment les jeunes, d’accéder à la propriété plus rapidement, en particulier pour l’achat d’appartements en milieu urbain. «La réforme des droits d’enregistrement et la possibilité de bénéficier d’un taux de 3% pour l’achat d’un bien immobilier propre et unique ont joué un rôle dans cette dynamique, c’est une évidence», explique le notaire Renaud Grégoire.

En Flandre, une reprise plus mesurée mais solide

La Flandre occupe la deuxième place du podium avec +14,1 % de ventes. Là aussi, les différences provinciales sont notables :

  • Anvers reste le moteur du marché, avec des prix élevés et un volume de transactions soutenu.
  • Le Limbourg connaît la plus forte progression des prix sur cinq ans, avec une hausse cumulée de plus de 20 % depuis 2020.
  • La Flandre occidentale, historiquement chère, marque davantage le pas, notamment sur le marché des appartements.

Bruxelles à la traîne, faute de réformes

En Région bruxelloise, les ventes progressent de 7,1 %, un chiffre honorable mais inférieur aux autres Régions. L’absence de réforme fiscale et l’instabilité politique freinent encore une reprise plus franche, dans un marché où le prix moyen d’une maison dépasse 580.000 euros.

Des prix en hausse… surtout au sud

Sur l’ensemble du pays, le prix moyen des maisons augmente de 5,8 %, mais la Wallonie tire la moyenne vers le haut avec +13,4 %.
Cette hausse s’explique autant par la fiscalité que par un changement de profil des biens achetés, souvent plus qualitatifs et mieux situés.

Un marché toujours plus fragmenté

Dernier enseignement : la Belgique immobilière se fragmente.
Entre provinces très dynamiques et zones plus stables, entre logements performants et biens énergivores en perte de valeur, le marché fonctionne désormais à plusieurs vitesses.
Pour 2026, les notaires sont clairs : aucune baisse généralisée des prix n’est attendue, sauf pour les logements les plus énergivores.

Demetrio Scagliola

(Photos Belgaimage)

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