Xi Jinping resserre l’étau : deux ex-chefs de la Défense condamnés à mort avec sursis
Pékin a condamné à mort avec sursis deux anciens ministres chinois de la Défense, Wei Fenghe et Li Shangfu, pour corruption. Une décision spectaculaire qui illustre l’ampleur des purges lancées par Xi Jinping au sein de l’armée chinoise, sur fond de soupçons de déloyauté et de tensions autour de Taïwan.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La Chine a condamné à mort avec sursis deux anciens ministres de la Défense, Wei Fenghe et Li Shangfu, dans le cadre des purges militaires lancées par Xi Jinping. Une sévérité exceptionnelle qui révèle autant une prétendue corruption au sein de l’armée chinoise que la fragilité croissante du système de pouvoir du président chinois.
Le verdict marque une nouvelle étape dans la campagne anticorruption menée par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2012. Mais cette fois, le niveau atteint est exceptionnel. Wei Fenghe et Li Shangfu ne sont pas de simples cadres militaires : ils ont tous deux dirigé le ministère chinois de la Défense et siégé à la Commission militaire centrale, le véritable cœur du pouvoir militaire chinois placé sous l’autorité directe de Xi.
Selon l’agence officielle Chine nouvelle, Wei Fenghe a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin, tandis que Li Shangfu a été condamné pour corruption active et passive. Les autorités chinoises n’ont toutefois donné aucun détail sur les montants concernés ni sur les réseaux impliqués.
La peine prononcée est particulièrement lourde : une condamnation à mort avec un sursis de deux ans, généralement transformée ensuite en réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de réduction de peine. Dans le système chinois, il s’agit d’un signal politique autant que judiciaire.
Une purge d’une ampleur inédite depuis Mao
Ces condamnations s’inscrivent dans une vague de purges qui secoue l’armée chinoise depuis près de trois ans. D’après le Wall Street Journal, plus de 75 hauts responsables militaires et dirigeants du complexe militaro-industriel ont été écartés, arrêtés ou placés sous enquête depuis 2023. Le New York Times évoque même une centaine de disparitions ou de révocations.
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