Accusations de génocide contre Israël : les failles juridiques et structurelles selon Danny Orbach
Dans une tribune publiée par Ynet sous le titre « Ainsi se construit une accusation de génocide », le professeur Danny Orbach, historien militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, développe une thèse frontale.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
-Danny Orbach, historien militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, conteste l’accusation de génocide visant Israël dans la guerre contre le Hamas.
-Dans son étude Debunking the Genocide Allegations, il affirme que cette accusation repose sur des preuves indirectes, des rapports d’ONG et une lecture globale des faits plutôt que sur une démonstration claire de l’intention génocidaire.
-Selon lui, une guerre destructrice, même très meurtrière, ne suffit pas juridiquement à établir un génocide sans volonté prouvée d’exterminer un groupe.
-Orbach appelle donc Israël à se défendre devant les instances internationales, mais aussi dans la bataille narrative, afin d’éviter que cette accusation ne s’impose durablement dans l’opinion.
Selon lui, l’accusation de génocide visant Israël dans la guerre contre le Hamas ne tiendrait pas seulement à des erreurs factuelles ou à des biais politiques, mais à une transformation plus profonde du droit international en instrument d’accusation politique.
Orbach, spécialiste de l’histoire militaire, des crimes de guerre et de la désobéissance militaire, est l’un des coauteurs de l’étude Debunking the Genocide Allegations: A Reexamination of the Israel-Hamas War from October 7, 2023 to June 1, 2025, publiée par le Begin-Sadat Center. Ce travail, signé avec Jonathan Boxman, Yagil Henkin et Jonathan Braverman, entend réexaminer les accusations portées contre Israël depuis le massacre du 7 octobre 2023, notamment l’idée d’une famine organisée, de massacres délibérés de civils par Tsahal ou de bombardements indiscriminés.
Des tribunaux internationaux sous critique
La thèse centrale d’Orbach est simple : les juridictions internationales ne fonctionneraient pas comme de véritables tribunaux pénaux. Non pas seulement, écrit-il, parce qu’elles seraient traversées par des préjugés anti-israéliens, mais parce qu’elles souffriraient de défauts structurels. Il cite notamment l’absence, selon lui, de mécanismes robustes de récusation ou de gestion des conflits d’intérêts à la Cour internationale de Justice.
À ses yeux, il est problématique qu’un juge ayant eu des responsabilités politiques dans un État hostile à Israël puisse siéger dans une affaire concernant l’État hébreu, sans procédure comparable à celles qui existent dans les systèmes judiciaires nationaux.
La faiblesse des preuves indirectes
Deuxième critique : la question des preuves. Dans un procès pénal classique, rappelle Orbach, les juges doivent se fonder sur des éléments directs : témoins, documents originaux, éléments matériels, possibilités de contre-interrogatoire.
Or, selon lui, les juridictions internationales acceptent trop facilement des rapports d’organisations internationales comme sources quasi primaires. Ce glissement transformerait des témoignages indirects, des récits compilés ou des accusations non vérifiées en éléments recevables. Pour Orbach, c’est là une rupture avec les garanties ordinaires du droit pénal.
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