Ebola : l'OMS déclare l'urgence internationale en République démocratique du Congo
Le variant Bundibugyo du virus Ebola frappe le nord-est de la République démocratique du Congo ainsi que l'Ouganda. Près de 90 morts ont été recensés. L'OMS déclare l'état d'urgence internationale.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
- Une souche très virulente du virus Ebola frappe le Nord-Est de la RDC et l'Ouganda.
- 88 morts au moins ont été recensés.
- Face à la menace, l'OMS lance un niveau d'alerte 2, signifiant l'urgence de portée internationale.
Une nouvelle épidémie d’Ebola touche gravement le nord-est de la République démocratique du Congo, principalement la province d’Ituri, et s’étend à l’Ouganda. Selon un décompte réalisé ce week-end, près de 90 personnes sont décédées en RDC et une en Ouganda, vraisemblablement en raison de la contamination. Face à la situation, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a déclenché son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, qualifiant la propagation d’« urgence de santé publique de portée internationale ».
Cette épidémie est particulièrement préoccupante car elle est causée par le variant rare Bundibugyo, une souche très létale contre laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. De plus, ce variant est difficile à détecter avec la plupart des tests disponibles localement. « Avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu'à 50 % », a déclaré le ministre congolais de la Santé Samuel-Roger Kamba.
Selon les autorités sanitaires, des centaines de cas suspects ont déjà été recensés et plusieurs dizaines de décès signalés, même si peu de cas ont pu être confirmés en laboratoire en raison des difficultés d’accès à la zone touchée.
Une souche particulièrement virulente
Plusieurs facteurs favorisent la propagation rapide du virus : le foyer épidémique se situe dans une région urbanisée, instable et difficile d’accès, marquée par des violences armées et d’importants mouvements de population liés aux activités minières. Le retard dans la détection du virus a également permis à l’épidémie de circuler plus longtemps qu’estimé. Des cas ont déjà été observés hors de la zone initiale, notamment à Kinshasa et en Ouganda.
Ebola, découvert en 1976 dans l'ancien Zaïre, est une maladie hémorragique grave qui se transmet par les fluides corporels et dont le taux de mortalité peut atteindre 50 % ou davantage selon les flambées. La souche Bundibugyo n’a provoqué que deux épidémies majeures auparavant, en Ouganda (2007) et en RDC (2012).
Face à cette urgence, l’Institut de médecine tropicale d’Anvers (IMT), historiquement impliqué dans la recherche sur Ebola, envoie des experts et du matériel de dépistage en RDC. En collaboration avec l’OMS, l’objectif est d’évaluer les besoins sur place, renforcer le diagnostic et lancer rapidement des études cliniques afin de développer de nouveaux traitements adaptés à cette souche rare.
Les experts et ONG présents sur le terrain insistent sur la nécessité d’une réponse sanitaire rapide, d’une bonne communication avec les communautés locales et d’une coordination régionale pour limiter la propagation du virus.