Apologie du terrorisme : dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité requis contre l'eurodéputée Rima Hassan
Le parquet de Paris a requis une peine de 10 mois de prison avec sursis et 2 ans d'inéligibilité contre Rima Hassan. La députée européenne LFI est jugée pour avoir relayé les propos d'un auteur d'attentat qui avait fait 26 morts en Israël en 1972. Une affaire qui s'ajoute à une longue série de controverses et de procédures judiciaires l'entourant.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité requis contre Rima Hassan, eurodéputée LFI jugée pour apologie du terrorisme.
Dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité. Telles sont les réquisitions formulées ce mardi 20 octobre par le ministère public à l'encontre de Rima Hassan, députée européenne de La France insoumise, poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme.
Au cœur du dossier figure une publication diffusée le 26 mars sur le réseau social X, dans laquelle l'eurodéputée reprenait les propos de Kozo Okamoto, ancien membre de l'Armée rouge japonaise et l'un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Lod-Tel-Aviv.
Cet attentat, commis pour le compte du Front populaire de libération de la Palestine, avait fait 26 morts et environ 80 blessés.
Un terroriste présenté comme une figure de résistance ?
Dans son message, supprimé depuis, Rima Hassan reproduisait une citation de Kozo Okamoto présentant la résistance comme un devoir face à l'oppression. La publication était accompagnée d'éléments biographiques et d'une photo montrant l'ancien terroriste porté en triomphe.
Pour le ministère public, le message ne relevait pas d'une simple évocation historique. Le parquet a estimé que banaliser le massacre et valoriser son auteur constituait une apologie du terrorisme. Il a également rejeté les accusations d'instrumentalisation politique formulées par la défense.
Rima Hassan conteste cette interprétation. Elle soutient que la citation ne faisait pas référence à l'attentat lui-même et dénonce une procédure destinée à la réduire au silence.
Son avocat, Vincent Brengarth, invoque notamment la protection de la liberté d'expression.
Une députée européenne déjà visée par de nombreuses plaintes
Cette affaire n'est pas la première controverse judiciaire impliquant l'élue de 34 ans, qui siège au Parlement européen depuis 2024.
En février 2025, elle avait notamment affirmé sur Sud Radio que le Hamas menait une action légitime au regard du droit international, suscitant plusieurs signalements, dont celui du ministre de l'Intérieur de l'époque, Bruno Retailleau.
D'autres publications avaient également provoqué des plaintes, notamment des messages visant le député européen François-Xavier Bellamy ou reprenant des citations particulièrement violentes.
Selon une enquête du Monde publiée en août, treize procédures antérieures visant Rima Hassan ont toutefois été classées sans suite, les infractions n'ayant pas été suffisamment caractérisées.
Deux autres affaires ont par ailleurs donné lieu à des renvois devant la justice en septembre, concernant des publications sur les réseaux sociaux susceptibles, selon les poursuites, de relever de l'apologie de crimes ou de la provocation à commettre une infraction.
La multiplication de ces procédures pose désormais la question des limites de l'expression publique d'une responsable politique exerçant un mandat parlementaire européen.
Mélenchon dénonce un procès politique
Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi aux réquisitions sur X, accusant le pouvoir macroniste d'abus et de complaisance envers le gouvernement israélien.
Contre la députée Rima Hassan, sous le prétexte d'apologie du terrorisme, au nom du gouvernement, le procureur requiert : dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité. La macronie sombre dans la honte de tous les abus de pouvoir et de la servilité devant les…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 20, 2026
Le dirigeant insoumis considère que les poursuites reposent sur un prétexte politique et met directement en cause l'exécutif français. Une lecture rejetée par le ministère public, qui défend le fondement pénal des poursuites. Il appartient désormais au tribunal de déterminer si la publication incriminée constitue effectivement une apologie du terrorisme.