Après sa rencontre avec Reza Pahlavi, Bouchez réclame l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran
En rencontrant Reza Pahlavi à Paris, Georges-Louis Bouchez officialise le soutien du MR à l’une des principales figures de l’opposition au régime iranien. Le président du MR a aussi profité de l'occasion pour demander l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran en Belgique.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Georges-Louis Bouchez a rencontré Reza Pahlavi à Paris, officialisant le soutien du MR à l’une des principales figures de l’opposition iranienne.
- Le président du MR appelle la Belgique à renforcer son soutien au peuple iranien et à préparer l’après-régime des mollahs.
- Par ailleurs, le MR demande l’abrogation du traité belgo-iranien sur le transfèrement des détenus
Depuis plusieurs années, le Mouvement Réformateur multiplie les prises de position en faveur des opposants au régime iranien. Cette fois, le soutien prend une dimension politique assumée et beaucoup plus officielle.
En se rendant à Paris pour rencontrer Reza Pahlavi, Georges-Louis Bouchez fait du prince héritier et fils aîné du dernier Shah d'Iran un interlocuteur privilégié du MR dans la perspective d’un éventuel changement de régime à Téhéran.
Pendant plus de deux heures, les deux hommes ont échangé sur la situation en Iran et sur les conditions nécessaires à la libération du peuple iranien du régime islamiste radical. "Une dictature meurtrière qui viole en permanence les droits humains et considère les démocraties libérales occidentales comme des ennemies", souligne le communiqué du MR.
Pour rappel, en janvier, plus de 40.000 manifestants ont été brutalement tués en Iran en l’espace de deux jours. "La direction radicale iranienne finance et soutient le terrorisme, poursuit ses ambitions nucléaires et contribue à déstabiliser le Moyen-Orient ainsi que le reste du monde", insiste-t-on du côté du MR.
Le président des libéraux francophones estime que Reza Pahlavi est aujourd’hui « l’une des figures les plus importantes de l’opposition iranienne » et considère qu’il doit être associé aux discussions internationales sur l’avenir du pays.
« Les libéraux sont des amis du peuple iranien »
Dans le communiqué diffusé à l’issue de la rencontre, Georges-Louis Bouchez affirme que « les libéraux en Belgique sont des amis du peuple iranien ».
Il explique avoir voulu rencontrer Reza Pahlavi afin d’évoquer « l’avenir démocratique de l’Iran » et la manière dont les démocraties occidentales peuvent accompagner une transition politique après plusieurs décennies de dictature religieuse.
Les deux hommes ont réitéré l’importance que la chute du régime soit suivie d’une transition vers des élections libres dans un système démocratique que les Iraniens devront pouvoir choisir eux-mêmes. "Une séparation stricte entre l’État et la religion sera indispensable. Les citoyens iraniens doivent pouvoir vivre dans une société libre, avec des droits et des devoirs égaux", poursuit Georges-Louis Bouchez.
Bouchez demande la rupture des relations avec le régime des mollahs
Mais le président du MR a également profité de cette rencontre pour envoyer un message politique à ses partenaires de guvernement, afin d'infléchir la position de la Belgique sur le dossier iranien. En effet, Georges-Louis Bouchez estime que la diplomatie belge doit faire évoluer sa position.
Selon lui, Bruxelles devrait désormais établir des contacts avec Reza Pahlavi, sans pour autant exclure d’autres représentants de l’opposition iranienne. Il considère que ce dernier est aujourd’hui le principal interlocuteur susceptible d’accompagner une transition si le régime venait à tomber.
Le président du MR va plus loin encore en réclamant l’expulsion de l’ambassadeur iranien en Belgique ainsi que la rupture des relations diplomatiques avec le régime des mollahs. Le président du MR juge incompréhensible que la Belgique continue d’accepter sur son territoire un ambassadeur directement lié à un régime totalitaire hostile à notre pays, alors même que les Gardiens de la révolution ont été inscrits sur la liste des organisations terroristes. « Son expulsion ne peut plus attendre. »
Par ailleurs, l MR demande l’abrogation du traité belgo-iranien sur le transfèrement des détenus, une proposition de loi ayant été déposée à la Chambre par Daniel Bacquelaine. « Nous devons mettre fin à la convention de transfèrement des prisonniers entre la Belgique et l’Iran. Cet accord fait peser un risque sur nos concitoyens. Pour le régime iranien, il suffit en effet d’enlever un Belge pour espérer obtenir la libération de l’un de ses terroristes détenus dans nos prisons, comme cela s’est produit il y a quelques années. »
Une reconnaissance politique pour Reza Pahlavi
Installé en exil depuis la révolution islamique de 1979, Reza Pahlavi multiplie depuis plusieurs mois les déplacements auprès de responsables politiques européens.
Après des rencontres au Parlement néerlandais, au Bundestag, au Parlement italien ou encore avec plusieurs responsables français et européens, il poursuit sa stratégie visant à convaincre les capitales occidentales de préparer dès aujourd’hui l’après-régime en Iran.