AstraZeneca menace de tourner le dos à l’Europe
Face à la pression américaine sur les prix, AstraZeneca menace de revoir sa stratégie en Europe. Le groupe pharmaceutique conditionne désormais le lancement de nouveaux traitements à une hausse des dépenses publiques, au risque de déplacer l’innovation hors du continent.
Publié par A JS
Résumé de l'article
AstraZeneca envisage de limiter le lancement de nouveaux médicaments en Europe si les prix n’augmentent pas. Sous pression américaine, le groupe privilégie un marché plus rentable. L’écart de dépenses en innovation entre l’Europe et les États-Unis fragilise l’accès aux traitements sur le continent.
Le message est clair et tranche avec le discours habituellement mesuré du secteur. Le directeur général d’AstraZeneca, Sir Pascal Soriot, prévient que l’Europe pourrait devenir une variable d’ajustement dans la stratégie du groupe. En cause, un déséquilibre croissant entre les marchés, accentué par les récentes décisions de Washington, rapportent nos confrères du Financial Times.
Sous l’impulsion de Donald Trump, les États-Unis ont obtenu de plusieurs laboratoires, dont AstraZeneca, des engagements pour réduire les prix de certains médicaments. Ces accords, dits de « nation la plus favorisée », alignent les tarifs américains sur ceux pratiqués en Europe, au Japon ou au Canada.
L’Europe sous pression budgétaire
Cette nouvelle donne bouleverse l’équation économique des industriels. En comprimant les marges aux États-Unis, principal moteur de revenus, elle incite les groupes à réévaluer leurs priorités géographiques. Pour AstraZeneca, près de 45% du chiffre d’affaires provient du marché américain.
À l’inverse, les grands pays européens pèsent peu dans les comptes. Le Royaume-Uni, la France ou l’Espagne ne représentent chacun qu’environ 2% des revenus du groupe. Dans ce contexte, Sir Pascal Soriot pose une question directe : pourquoi risquer la moitié de ses recettes pour des marchés où les prix restent jugés insuffisants ?
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