Canicule, embouteillages, inflation… la Belgique mesure désormais son niveau de stress collectif
Un nouvel indicateur, mis à jour plusieurs fois par jour, agrège des dizaines de paramètres pour traduire en un seul chiffre le niveau de tension que subissent les Belges. Première lecture : le début des vacances d'été s'annonce particulièrement éprouvant.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Un nouvel indicateur. L'Indice National du Stress mesure en continu les principaux facteurs de stress présents en Belgique.
- Cinq grandes catégories. Météo, mobilité, économie, travail et actualité alimentent ce baromètre.
- Une période sous tension. À l'approche des vacances, la charge de travail, les dépenses estivales et le manque de récupération font grimper l'indice.
Pouvoir d'achat, inflation, embouteillages : autant de statistiques que la Belgique scrute depuis des décennies. Mais qu'en est-il du stress ressenti — ou plutôt, des facteurs susceptibles de le provoquer ? C'est à cette question que tente désormais de répondre l'Indice National du Stress, dévoilé ce mardi.
Contrairement à un sondage d'opinion, cet indice ne mesure pas ce que les citoyens ressentent, mais le nombre de facteurs de stress scientifiquement reconnus présents dans leur environnement à un instant donné. Météo, qualité de l'air, retards de trains, inflation, pression au travail, actualité anxiogène : cinq grandes catégories alimentent un algorithme actualisé plusieurs fois par jour.
Un lancement en pleine zone de turbulences
Le premier relevé tombe mal — ou bien, selon le point de vue. En ce début de vacances d'été, l'indice affiche des valeurs « extrêmement élevées », portées par une conjonction de pressions inhabituelles.
- La course contre la montre au bureau. Projets à boucler, dossiers à transmettre, boîtes mail à vider : les jours précédant le départ restent, paradoxalement, parmi les plus chargés de l'année.
- Le poids des dépenses estivales. Voyages, camps, festivals : l'été creuse les budgets. Les recherches en psychologie montrent que l'incertitude financière mobilise une attention mentale constante, réduisant la « bande passante » disponible pour le reste.
- Un déficit de récupération. Quand la charge de travail augmente et que les soucis s'accumulent, c'est souvent le sommeil qui trinque en premier — au moment même où le corps aurait besoin de reprendre des forces avant les congés.
« La vraie force, c'est l'addition »
« Lors du développement de l'Indice National du Stress, nous voulions absolument éviter de nous fier à notre instinct. La base devait être scientifiquement solide comme le roc. Nous pouvons désormais calculer en continu et à grande échelle des cadres comportementaux reconnus, ce qui en fait un instrument vivant plutôt qu'un simple instantané. » C'est ce qu'explique Peter Hoogland, cultural strategist associé au projet. Selon lui, aucun facteur isolé n'atteint un pic exceptionnel ; c'est leur cumul qui fait grimper l'aiguille.
« La véritable force réside dans l'addition de toutes les valeurs ensemble. C'est précisément parce qu'elles se renforcent mutuellement que l'indice est précis et qu'il offre une orientation fiable qui a un réel impact», poursuit-il.
Une initiative venue… des Hautes-Alpes
Derrière ce baromètre belge se cache un promoteur inattendu : la région des Hautes-Alpes, en France. L'objectif affiché ? Proposer un « environnement préservé » pour aider les Belges à relâcher la pression et à renouer avec la nature. L'ensemble des sources de données, des cadres scientifiques et de la méthodologie est consultable sur nationalestressindex.be.
L'indice pourrait très bien être plus bas demain — ou plus haut. Affaire à suivre, baromètre en main.