Interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs : Macron remercie le Vietnam et s'attire une vague de critiques
En saluant publiquement le Vietnam pour sa politique de protection des mineurs sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a déclenché une vive controverse.
Publié par J.PE
Si le chef de l'État français défend depuis plusieurs mois un encadrement plus strict de l'accès des jeunes aux plateformes numériques, certains de ses propos ont été perçus comme une forme d'éloge adressé à un régime autoritaire.
✅ Thanks for joining the movement. https://t.co/jtoH1Zf0Pt
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 24, 2026
Une déclaration qui fait débat
Lors d'une intervention consacrée à la protection des enfants face aux dangers des réseaux sociaux, Emmanuel Macron a évoqué le Vietnam comme un exemple de pays prenant des mesures fortes pour limiter l'exposition des mineurs aux plateformes numériques.
Cette référence intervient alors que le Vietnam prépare une réglementation visant à empêcher les moins de 16 ans de publier des contenus, commenter ou réagir sur les réseaux sociaux. Les comptes des mineurs devraient être rattachés à leurs parents ou représentants légaux, tandis que les plateformes seraient tenues de mettre en place des systèmes de vérification de l'âge et des dispositifs renforcés de protection des jeunes utilisateurs.
Le président français a vu son tweet repris par une note de la communauté sur X stipulant : « Le Viet-Nam musèle les médias, emprisonne les opposants politiques et pratique la torture à leur encontre. Le code pénal est formulé de manière imprécise afin de criminaliser la liberté d'expression et la défense des droits de l'homme. La justice n'est pas indépendante. »
Une polémique immédiate
Les propos du président français ont rapidement suscité des réactions, notamment de la part de responsables politiques, d'associations de défense des libertés numériques et de nombreux internautes.
Féliciter une dictature communiste pour son contrôle des réseaux sociaux.
— Cap-Hornier 🌊⚓️ (@CapHornier_) July 24, 2026
Ils ont lâché la rampe à l’Elysee ? https://t.co/nLrvV1UAgW
Que le Président de la République se félicite qu’une dictature communiste rejoigne la France dans l’application d’une mesure déconnectée du problème qu’elle entend régler et impossible à appliquer sans contrôle social généralisé dit TOUT de ses mandats https://t.co/hs1RaK90d9
— JS Ferjou (@jsferjou) July 24, 2026
Les critiques ne portent pas uniquement sur le fond de la mesure, mais surtout sur le fait d'avoir cité le Vietnam comme modèle. Le pays est régulièrement pointé du doigt par plusieurs organisations internationales pour les restrictions imposées à la liberté d'expression, le contrôle d'Internet et la censure exercée par les autorités.
Pour les opposants à cette prise de position, remercier un État communiste pour sa politique numérique revient à ignorer le contexte politique dans lequel ces mesures sont mises en œuvre.
Macron assume une ligne ferme
Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron multiplie les propositions visant à réduire l'usage des réseaux sociaux par les plus jeunes. Selon lui, les plateformes favorisent le cyberharcèlement, la diffusion de contenus violents et contribuent à une dégradation de la santé mentale des adolescents.
La France vient d'ailleurs d'adopter une loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec l'obligation pour les plateformes de mettre en place des systèmes de vérification de l'âge avant l'ouverture d'un compte. Cette législation doit entrer progressivement en vigueur après les étapes de contrôle juridique et de mise en conformité des plateformes.
Entre protection et libertés publiques
La controverse autour des déclarations d'Emmanuel Macron illustre la sensibilité du sujet. Si une majorité d'acteurs s'accorde sur la nécessité de mieux protéger les mineurs dans l'environnement numérique, les moyens d'y parvenir divisent.
Pour certains, des restrictions d'âge strictes constituent une réponse adaptée face aux risques du numérique. Pour d'autres, l'enjeu est moins d'interdire que d'éduquer les jeunes, de responsabiliser les plateformes et d'accompagner les familles.
Une chose est certaine : le débat sur l'encadrement des réseaux sociaux pour les mineurs est désormais devenu un sujet majeur des politiques publiques en France.