Au 1er mai soutenu par la FGTB, on scande que « tout le monde déteste la police »
Plusieurs participants au rassemblement du 1er mai organisé par la FGTB à Bruxelles dénoncent une séquence jugée choquante : lors d’un concert place de l’Albertine, des slogans hostiles à la police ont été repris en chœur, sous les yeux d’agents mobilisés pour sécuriser un événement pourtant présenté comme familial.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Des slogans anti-police scandés lors du 1er mai de la FGTB à Bruxelles suscitent interrogations et critiques sur les limites de la liberté d’expression.
La scène, rapportée par plusieurs lecteurs de 21News qui en ont eu connaissance, suscite malaise et interrogations. Vendredi, en début de soirée, vers 19 heures, alors que la fête du 1er mai de la FGTB battait son plein au Mont des Arts, un concert du groupe Anti-Skapitalista a donné lieu à des slogans explicitement hostiles aux forces de l’ordre.
Comme on l'entend nettement dans la vidéo, le public a repris en chœur le slogan « tout le monde déteste la police », à quelques mètres seulement d’une dizaine de policiers présents depuis le matin pour encadrer et sécuriser l’événement.
Un événement « familial » sous tension
Le contraste est d’autant plus saisissant que la scène se déroule dans un cadre revendiqué comme festif et accessible à tous.
Dans sa communication officielle, la FGTB Bruxelles présentait cette édition 2026 comme « un moment unique, festif et rassembleur », réunissant près de 15.000 personnes, avec concerts, village associatif et activités pour enfants.
Un « village enfants », des stands syndicaux et des espaces de convivialité étaient en effet installés tout au long de la journée, dans une volonté affichée de mêler engagement social et dimension familiale.
C’est précisément ce contraste qui frappe les témoins : comment concilier cette ambition avec des slogans ouvertement hostiles à une institution régalienne, scandés devant des familles et des enfants ?
Des policiers pris à partie… en silence
Autre élément relevé : la posture des forces de l’ordre sur place. Selon les témoignages, les agents présents — mobilisés depuis 10 heures du matin — sont restés passifs face à la scène, observant sans intervenir des slogans dirigés contre eux.
Une situation jugée « irréelle » par certains participants, qui soulignent le décalage entre le rôle de ces policiers — assurer la sécurité du rassemblement — et les messages qu'ils ont pu entendre.
Un événement soutenu par des acteurs publics et mutualistes
Autre élément à souligner : le cadre de financement et de soutien de l’événement.
La fête du 1er mai de la FGTB ne se limite pas à une initiative militante isolée. Elle bénéficie du soutien de plusieurs acteurs institutionnels et para-publics, parmi lesquels la ville de Bruxelles, la mutualité Solidaris Brabant ainsi que des partenaires comme P&V Assurances.
Ce contexte donne une portée particulière à la séquence observée. Lorsqu’un événement soutenu, directement ou indirectement, par des fonds publics ou des organismes à mission sociale accueille des messages aussi clivants, la question ne se limite plus à une expression artistique ou militante.
Elle devient institutionnelle : ces partenaires assument-ils ce qui se dit et se scande sur scène ? Et surtout, jusqu’où peut aller le soutien public à des événements où l’encadrement et le message semblent entrer en contradiction avec les principes de neutralité et de respect des institutions ?
Un révélateur plus large
L’épisode dépasse sans doute le simple cadre d’un concert militant. Il met en lumière une tension plus profonde dans la société belge : entre une culture de la contestation radicale de certaines institutions et une exigence croissante de respect de celles-ci, notamment dans un contexte de sécurité accrue.
Dans un pays marqué par des enjeux sécuritaires récurrents, voir des slogans hostiles à la police repris publiquement est un signal politique, que chacun sera libre d’interpréter, mais difficile à ignorer.