Avenir des jeunes en Belgique : 22 % des Wallons le jugent prometteur, contre 45 % des Flamands
Seuls 17 % des Wallons pensent que les jeunes vivront mieux que leurs parents, contre 45 % des Flamands, selon une enquête Ipsos disponible en ligne. Ce fossé se retrouve dans la confiance accordée à l’école, aux diplômes et aux perspectives professionnelles.
Publié par A.G.
La promesse d’une vie meilleure pour la génération suivante convainc peu en Wallonie. Selon l’enquête, 57 % des répondants wallons estiment que les jeunes trouveraient de meilleures perspectives en s’expatriant.
Deux questions permettent de mesurer ce pessimisme. La première compare les générations : les enfants vivront-ils mieux que leurs parents ? Seuls 17 % des Wallons répondent positivement, contre 45 % des Flamands. La seconde porte sur l’avenir des jeunes dans leur pays : 22 % des Wallons le jugent prometteur, contre 45 % des Flamands.
Il s’agit toutefois du regard de la population sur la jeunesse, et non d’un sondage réservé aux jeunes eux-mêmes.
L’école peine à convaincre en Wallonie
L’analyse belge publiée par Ipsos permet d’approfondir le constat. 51 % des Wallons jugent l’enseignement de mauvaise qualité, contre 26 % des Flamands. À l’inverse, les opinions positives atteignent seulement 16 % au sud du pays et 34 % au nord.
La confiance évolue aussi dans des directions opposées : elle recule de huit points en Wallonie par rapport à l’année précédente et progresse de six points en Flandre. L’enquête s’est déroulée alors que la contestation dans l’enseignement occupait l’actualité.
L’utilité professionnelle de l’école suscite également des réserves : 22 % des Wallons estiment qu’elle prépare bien les jeunes à leur future carrière, contre 42 % des Flamands. Et seuls 28 % lui reconnaissent un rôle dans la réduction des inégalités sociales, contre 50 % en Flandre. Autrement dit, l’école convainc moins comme moyen de progresser professionnellement et socialement.
Logement au nord, formation au sud
Les préoccupations diffèrent selon les régions. L’accès à un logement abordable inquiète 44 % des Flamands, contre 28 % des Wallons. La santé mentale préoccupe respectivement 32 % et 25 % des répondants.
En Wallonie, près d’un quart cite l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail (24 %) ou la qualité de l’enseignement (23 %).
Les études supérieures inspirent elles aussi une confiance inégale. Ipsos constate que 45 % des Wallons estiment qu’elles valent l’investissement, contre 67 % des Flamands. Un tiers des Wallons juge le diplôme universitaire important pour réussir dans la vie, contre la moitié des Flamands. Ces réponses mesurent une perception : elles ne permettent pas de calculer le bénéfice réel d’un diplôme sur l’emploi ou le salaire.
Un malaise qui dépasse la Belgique
Le rapport international Ipsos Education Monitor 2026 montre que le pessimisme touche plusieurs économies occidentales, tandis que certaines économies émergentes restent beaucoup plus confiantes.
Dans les 31 pays étudiés, 62 % des répondants, en moyenne, pensent que les jeunes auraient de meilleures possibilités à l’étranger. La santé mentale arrive en tête des défis cités, à 33 %. Les inquiétudes concernant le logement et l’économie progressent également.
L’enquête a interrogé en ligne 23.537 personnes du 19 juin au 3 juillet 2026, dont environ 1.000 en Belgique, âgées de 16 à 74 ans. La comparaison européenne porte sur onze États membres participants, pas sur l’ensemble de l’Union. Quant à la moyenne internationale, elle donne le même poids à chaque pays : elle ne représente donc pas l’opinion de toute la population mondiale. Ce baromètre décrit avant tout un climat de confiance - ou de défiance - envers l’avenir.