Budget fédéral : le kern passe à la vitesse supérieure et se réunira désormais chaque jour
Budget : toujours pas d'accord mais les partenaires se réunissent chaque jour afin de tenter d'arriver à un budget qui évite les douzièmes provisoires.
Publié par J.PE
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Le gouvernement fédéral veut désormais accélérer les négociations budgétaires. Face à l’absence d’accord et à l’échéance qui approche, les membres du kern ont décidé d’intensifier les discussions. Ils se réuniront désormais quotidiennement afin de tenter de boucler le budget.
Le temps presse pour le gouvernement de Bart De Wever. Après plusieurs semaines de discussions et plusieurs réunions du comité ministériel restreint sans accord définitif, la majorité fédérale veut désormais passer à la vitesse supérieure.
Selon les informations rapportées ce jeudi par RTL Info et Le Soir, le kern a décidé d'organiser des réunions quotidiennes afin de tenter de rapprocher les positions des cinq partis de la coalition Arizona. L’objectif est clair : parvenir à un accord budgétaire dans les prochains jours.
Un effort de 10 milliards d’euros
Le gouvernement doit trouver environ 10 milliards d’euros d’ici 2029 afin de remettre les finances publiques belges sur une trajectoire compatible avec les engagements européens. Le dossier est particulièrement sensible, car les partenaires de la majorité ne partagent pas la même approche sur la manière de réaliser cet effort.
Le plan actuellement discuté combine plusieurs leviers : économies dans les dépenses publiques, réformes et recettes supplémentaires. Mais la répartition de l’effort continue de provoquer des désaccords entre les partis de la coalition.
Les discussions portent notamment sur les soins de santé, les pensions, la fiscalité et différentes dépenses publiques.
Des divergences toujours importantes
Au sein de la majorité, chaque parti défend ses propres priorités.
Le MR souhaite notamment que l’assainissement repose largement sur une maîtrise des dépenses et met l’accent sur la compétitivité et la croissance. Vooruit, de son côté, s'oppose à plusieurs économies envisagées dans les soins de santé et les pensions et réclame davantage de contribution de la part des revenus les plus élevés.
Le CD&V et Les Engagés ont eux aussi exprimé des réserves sur certains éléments du paquet actuellement sur la table.
Ces divergences expliquent en partie pourquoi les précédentes réunions du kern n'ont pas permis de dégager un compromis.
Travailler « ligne par ligne »
Le gouvernement avait déjà décidé de reprendre le tableau budgétaire en détail après une précédente réunion infructueuse. Le document, particulièrement volumineux, devait être examiné ligne par ligne afin d'identifier les points susceptibles de faire l'objet d'un compromis.
Cette méthode doit désormais laisser place à un rythme de négociation beaucoup plus soutenu.
Avec des réunions quotidiennes, les partenaires de la coalition espèrent pouvoir traiter successivement les différents dossiers encore bloqués et rapprocher leurs positions.
Une échéance qui se rapproche
L'urgence est également liée au calendrier parlementaire. Le gouvernement souhaite éviter de débuter l'année 2027 avec des douzièmes provisoires, un mécanisme permettant à l'État de continuer à fonctionner en l'absence d'un budget définitivement adopté.
Pour Bart De Wever, cette solution n'est pas souhaitable. Le Premier ministre veut donc que les négociations aboutissent rapidement afin de permettre au Parlement de voter les textes nécessaires dans les délais.
La pression des marchés
À la pression politique et parlementaire s'ajoute celle des marchés financiers.
La Belgique doit en effet convaincre de sa capacité à maîtriser ses finances publiques alors que le coût de son financement fait déjà l'objet d'une attention particulière. Lors d'une précédente réunion du kern, Maxime Prévot avait notamment souligné que la Belgique empruntait désormais à un taux supérieur à celui de la Grèce.
Dans ce contexte, chaque journée de négociation compte.