Canicule: 76% de surmortalité en Wallonie, le système de prévention wallon sous le feu des critiques
Avec 76% de surmortalité en juin, la Wallonie a payé le prix fort de la première vague de chaleur. Alors qu'un nouvel épisode caniculaire arrive, de nombreux observateurs demandent des mesures immédiates pour éviter que le drame ne se reproduise.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 1.747 décès supplémentaires en Belgique entre le 18 juin et le 1er juillet, soit une surmortalité de 47,8%, la pire depuis 2000
- La Wallonie a enregistré 76% de surmortalité, contre 60,9% à Bruxelles et 31,4% en Flandre, soulevant des questions sur l'efficacité des mesures de prévention
- Un sommet d'urgence se tient ce mercredi sous la présidence du ministre Coppieters pour éviter que le scénario ne se répète lors de la deuxième vague imminente
Les données publiées ce mercredi par Sciensano sont accablantes. Entre le 18 juin et le 1er juillet, la Belgique a enregistré 1.747 décès supplémentaires, soit une surmortalité de 47,8% par rapport aux années précédentes. Du jamais vu depuis le début des analyses en 2000. Lors de la dernière grande vague de chaleur, en août 2020, la surmortalité n'avait atteint que 37,5%, avec 557 décès supplémentaires. Et alors qu'une deuxième vague de chaleur s'annonce dans les prochains jours, la question est désormais de savoir comment éviter que ce scénario catastrophique ne se reproduise.
C'est la Wallonie qui concentre toutes les inquiétudes. Avec une surmortalité de 76%, le sud du pays dépasse très largement Bruxelles, qui affiche 60,9%, et la Flandre, qui s'en tire avec 31,4%. Cet écart spectaculaire entre les régions soulève des questions sur l'efficacité des dispositifs de prévention wallons et alimente un débat politique qui dépasse les clivages traditionnels. En effet, si l'opposition se pose des questions légitimes sur la gestion de la crise, il nous revient qu'au sein même de la majorité, des interrogations se font jour quand aux mesures mises en place pour faire face à cette vague de fortes chaleurs.
Surmortalité de 61,3% chez les 15-64 ans
Le week-end des 27 et 28 juin restera dans les mémoires comme le plus meurtrier de cet épisode caniculaire. Le samedi, on a dénombré 641 décès, soit une surmortalité vertigineuse de 146,5%. Le lendemain n'a guère été plus clément avec 632 décès et une surmortalité de 143,1%. Ce n'est qu'en fin de mois, avec des températures légèrement moins extrêmes, que le rythme est redescendu aux alentours de 260 décès quotidiens.
Trois facteurs conjugués expliquent ce bilan dramatique. D'abord, la durée exceptionnelle de l'épisode, avec dix jours consécutifs de températures dépassant les 28°C, dont trois journées à 35°C. Ensuite, l'intensité des nuits tropicales, avec dix nuits où le mercure n'est pas descendu sous les 18°C, empêchant les organismes de récupérer. Enfin, les concentrations d'ozone sont restées supérieures à 100 µg/m³ pendant dix jours consécutifs, avec un dépassement du seuil européen d'information les 25, 26 et 27 juin.
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