Dette, TVA, santé : les choix impossibles du gouvernement De Wever
Le Comité de monitoring a tranché : le gouvernement De Wever doit trouver 7,7 milliards d'euros d'ici 2029 pour respecter la norme européenne. Avec une dette filant vers 123 % du PIB et des partenaires divisés sur la fiscalité, l'équation s'annonce périlleuse pour la majorité Arizona.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 7,7 milliards minimum : c'est l'effort budgétaire exigé d'ici 2029, contre 4,9 milliards estimés en mars.
- La TVA à 22 % rapporterait 3 milliards, mais le MR oppose son veto à toute hausse d'impôts.
- Deadline fixée au 15 octobre : l'accord avant le 21 juillet est abandonné, le conclave reprendra à la rentrée.
Sommaire
- Un déficit qui s'emballe
- La dette coûte 3,7 milliards d'euros par an en intérêts
- Une dette hors de contrôle
- 7,7 milliards : un minimum, pas une solution
- Pourquoi viser plus haut ?
- Des marges de manœuvre quasi épuisées
- Pourquoi le déficit continue-t-il de se creuser ?
- La piste de la TVA : une option à 3 milliards qui divise
- Les autres pistes sur la table
- Marché du travail
- Le casse-tête de la Défense
- L'échéance du 21 juillet abandonnée
- Une coalition au bord de la rupture ?
- Bart De Wever : « There is no alternative »
Le couperet est tombé. Le rapport du Comité de monitoring publié ce lundi confirme l'ampleur du défi qui attend le gouvernement De Wever : au minimum 7,7 milliards d'euros d'économies à réaliser d'ici 2029 pour respecter la trajectoire européenne. Près de 3 milliards de plus qu'estimé en mars. Entre fractures idéologiques, pistes fiscales explosives et calendrier serré, la coalition Arizona joue sa crédibilité — et peut-être sa survie.
Un déficit qui s'emballe
Les chiffres du Comité de monitoring dressent un tableau alarmant. Le déficit de l'entité fédérale (État fédéral et sécurité sociale) atteindra 25,7 milliards d'euros cette année, soit 3,9 % du PIB. Sans intervention, ce gouffre se creusera jusqu'à 38,3 milliards en 2029 (5,2 % du PIB) et pourrait franchir la barre des 44,5 milliards en 2031.
Pour l'ensemble des pouvoirs publics belges, le déficit grimpera à 5,8 % du PIB en 2029 et même 6,2 % en 2031 — des niveaux qui placent la Belgique parmi les plus mauvais élèves européens.
La dette coûte 3,7 milliards d'euros par an en intérêts
Plusieurs facteurs expliquent cette spirale déficitaire. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont joué un rôle déterminant : la crise autour du détroit d'Ormuz et la flambée des prix pétroliers ont alimenté l'inflation et freiné la croissance économique, réduisant mécaniquement les recettes fiscales.
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