Charleroi : un professeur musulman menacé pour sa conversion au catholicisme
À Charleroi, un enseignant converti au catholicisme fait face à une vague de menaces après la découverte de ses vidéos en ligne. Une affaire qui ravive les tensions autour de la liberté de conscience à l’école.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Un professeur de religion catholique converti affirme avoir été la cible d’insultes et de menaces après la découverte de ses vidéos TikTok par des élèves à Charleroi. Il décrit une situation de tension en classe, amplifiée par les réseaux sociaux, et un sentiment d’isolement. Une plainte a été déposée tandis que le débat sur la sécurité et l’autocensure des enseignants reste ouvert.
Selon une information du magazine Marianne, un article signé par la plume de Laurence D'Hondt, co-auteure du livre "Allah n’a rien à faire dans ma classe", un professeur de religion catholique, Ahmed Yetrib a préféré s’éloigner de son établissement avant la fin de l’année scolaire, inquiet pour sa sécurité après plusieurs jours de tensions et de menaces explicites.
Né dans une famille musulmane, Ahmed Yetrib s’est converti au catholicisme en 2018. Son parcours personnel, assumé publiquement, a nourri incompréhensions et réactions hostiles dès son arrivée dans un établissement de la région.
Le climat s’est tendu lorsqu’il a effectué un remplacement dans une école où la proportion d’élèves issus de la culture musulmane est plus importante que dans ses affectations précédentes. D’après son témoignage, certains élèves ont questionné son choix religieux, avant de retrouver ses vidéos en ligne. Le compte TikTok « AhmedExpose », lancé en 2025, avait déjà réuni plusieurs dizaines de milliers d’abonnés et suscité des commentaires parfois agressifs, sans débordement majeur jusqu’à ce changement d’établissement.
Tensions en classe et climat scolaire dégradé
Dans l’établissement concerné, la situation aurait été aggravée par un contexte plus large de tensions institutionnelles liées à des réformes budgétaires et à la charge de travail des enseignants. Le chef d’établissement évoque également des incidents externes, dont des tentatives d’intrusion et des menaces visant le personnel.
En classe, Ahmed Yetrib décrit une montée de la tension avec certains élèves. Pour désamorcer la situation, il dit avoir interrogé le groupe sur son éventuel malaise lié à son profil, laissant la possibilité de quitter la salle. Plusieurs élèves seraient alors sortis, marquant un point de rupture dans la relation pédagogique.
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