Le conseil de surveillance de Volkswagen vient d’accepter les 100.000 suppressions d’emplois
Le conseil de surveillance de Volkswagen vient pourtant d’approuver à l’unanimité son plan : 50.000 postes supplémentaires doivent disparaître, portant le total à 100.000. Le débat n’est plus de savoir si Volkswagen va rétrécir, mais jusqu’où.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Volkswagen a obtenu l’accord unanime de son conseil pour 50.000 suppressions de postes supplémentaires. Avec 100.000 emplois concernés au total et une surcapacité européenne de 500.000 voitures, le constructeur entre dans une restructuration historique.
Il y a deux jours encore, Volkswagen semblait se diriger vers l’une des plus violentes confrontations sociales de son histoire. Oliver Blume voulait doubler les suppressions d’emplois déjà négociées, réduire drastiquement la gamme du groupe et remettre en cause une organisation industrielle défendue par les syndicats et le Land de Basse-Saxe. Son conseil de surveillance avait rejeté son projet en juillet et le patron envisageait même de contourner l’instance en s’adressant directement aux actionnaires.
Il n’en aura finalement pas besoin. Jeudi soir, le même conseil de surveillance a approuvé à l’unanimité ce que Volkswagen présente désormais comme « le programme de transformation stratégique le plus profond » de ses 89 ans d’existence.
La rupture est considérable. Quelque 50.000 suppressions de postes avaient déjà été négociées depuis 2024. Le nouveau plan estime nécessaires environ 50.000 suppressions supplémentaires, y compris dans l’encadrement. À terme, Volkswagen aura donc réduit ses effectifs d’environ 100.000 postes.
Le scénario qui paraissait encore, en début de semaine, susceptible de faire éclater la gouvernance du géant allemand est devenu un compromis.
Le débat n’est plus de savoir si Volkswagen va rétrécir
C’est probablement le changement le plus important. Jusqu’ici, Oliver Blume devait convaincre que Volkswagen avait réellement besoin d’une contraction aussi brutale. Désormais, syndicats, direction et Basse-Saxe reconnaissent ensemble que la taille actuelle du groupe n’est plus compatible avec son marché.
Volkswagen fournit lui-même le chiffre le plus spectaculaire : ses capacités de production européennes dépassent aujourd’hui la demande de plus de 500.000 véhicules. Autrement dit, l’appareil industriel du premier constructeur européen est dimensionné pour produire chaque année l’équivalent d’un demi-million de voitures que le marché n’absorbe plus.
La situation financière explique l’urgence. Les ventes du groupe ont reculé de 8,4 % au premier semestre 2026, tandis que son résultat d’exploitation diminuait de 11,6 %. Sa marge opérationnelle n’est plus que de 3,8 %, contre 7,9 % en 2022. Oliver Blume vise désormais 9 % en 2030.
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