Elio Di Rupo: « L’empereur Trump est nu...»
La victoire des Diables rouges face aux États-Unis a provoqué une vague de réactions politiques en Belgique, dans le contexte de la polémique autour de Balogun et de l’intervention de Donald Trump auprès de la FIFA.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
- La victoire 4-1 des Diables rouges contre les États-Unis a déclenché une avalanche de réactions politiques en Belgique.
- De Di Rupo à Bouchez, en passant par Dermine, Verougstraete et Mugemangango, plusieurs responsables ont lié ce succès à la polémique Trump-FIFA.
- Au-delà du sport, le match est devenu un symbole du respect des règles face aux pressions politiques.
Sommaire
- Georges-Louis Bouchez : « Game over pour nos hôtes américains »
- Thomas Dermine : « Les manipulations ne se règlent pas toujours à 11 contre 11 »
- Germain Mugemangango : « Une raclée à Donald Trump »
- Yvan Verougstraete : « On pouvait gagner sans tricher avec les règles »
- Une victoire sportive devenue symbole politique
La victoire des Diables rouges face aux États-Unis (4-1) a rapidement dépassé le cadre sportif. Dans le contexte de la polémique autour de la suspension levée de l’attaquant américain Folarin Balogun, après un coup de fil de Donald Trump au président de la FIFA Gianni Infantino, plusieurs responsables politiques belges ont vu dans ce succès une réponse symbolique aux pressions exercées sur les instances du football mondial.
Parmi les réactions les plus fortes figure celle d’Elio Di Rupo. Pour le président du PS, la victoire belge a fait tomber toute la mise en scène orchestrée autour du président américain.
« L’empereur Trump est nu », a-t-il lancé.
« Toute la mise en scène de la puissance de Trump, jusque dans le football, n’a pas résisté à nonante minutes. Les Belges ont simplement révélé que l’empereur était nu », a-t-il poursuivi.
Elio Di Rupo s’en prend aussi à l’attitude de la FIFA. « La complaisance du président de la FIFA face à cette mise en scène politique est, elle aussi, préoccupante. Le football ne peut servir de décor aux démonstrations de puissance d’un dirigeant politique. »
L’ancien Premier ministre élargit ensuite le débat à l’Union européenne, qu’il appelle à s’inspirer de la résistance des Belges. « Céder aux pressions de Trump, c’est perdre son honneur », estime-t-il, plaidant pour une Europe plus ferme, unie et capable de défendre ses intérêts économiques, scientifiques, industriels et démocratiques.
Georges-Louis Bouchez : « Game over pour nos hôtes américains »
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a réagi dans un registre plus enthousiaste et plus footballistique.
« Game over pour nos hôtes américains. La folie belge a emporté Seattle et la nuit blanche en Belgique est diabolique », a-t-il écrit.
Il a salué « une victoire tout en maîtrise » des Diables rouges, qui ont montré « tout leur talent, leur caractère et leur envie de se battre jusqu’au bout ». Dans un clin d’œil assumé au slogan de Donald Trump, il ajoute que les Belges ont, « comme contre le Sénégal, été GREAT again ».
Avant de conclure par une allusion à la polémique Balogun : « Ce soir, il y a un plat qui se mange froid… »
Thomas Dermine : « Les manipulations ne se règlent pas toujours à 11 contre 11 »
Pour le député PS Thomas Dermine, la victoire belge ne doit pas faire oublier les enjeux plus larges.
« N’oublions pas que toutes les manipulations du droit international ne se règlent pas toujours à 11 contre 11 », a-t-il réagi.
Il établit un parallèle direct entre l’affaire FIFA-Balogun et la politique internationale de Donald Trump. « Ce que Trump a fait avec la FIFA, il le fait quotidiennement en Iran, à Gaza, au Venezuela ou au Groenland », estime-t-il.
Pour Thomas Dermine, le message est clair : « Les règles internationales protègent la justice. »
Germain Mugemangango : « Une raclée à Donald Trump »
Le PTB a également réagi à la victoire belge. Selon RTL Info, le député Germain Mugemangango voit dans ce succès des Diables rouges « une raclée à Donald Trump ».
Le chef de groupe PTB au Parlement wallon veut toutefois replacer cette victoire dans un contexte plus large. Pour lui, la Belgique a répondu de la meilleure manière sur le terrain, mais les rapports de force internationaux ne se règlent pas uniquement dans un stade.
À travers cette réaction, le PTB rejoint les critiques formulées par d’autres partis sur les pressions exercées par Donald Trump et sur le rôle de la FIFA dans cette affaire. La victoire des Diables rouges devient ainsi, pour la gauche radicale aussi, un symbole de résistance face à une manière de gouverner qui bouscule les règles communes.
Yvan Verougstraete : « On pouvait gagner sans tricher avec les règles »
Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a d’abord retenu un moment plus léger : la célébration des Diables rouges reprenant la fameuse danse de Donald Trump.
« Un moment que j’ai adoré cette nuit, c’est quand les Diables Rouges ont célébré leur victoire en reprenant la fameuse danse de Trump. Fallait oser », a-t-il écrit.
Mais son message dépasse rapidement le clin d’œil. Yvan Verougstraete salue une équipe belge qui a su « rester soudée, se galvaniser et répondre sur le terrain, malgré toutes les polémiques qui ont entouré cette rencontre ».
Il insiste ensuite sur le respect des règles. « Les règles existent pour protéger tous les joueurs, sur un terrain comme sur la scène internationale. Lorsqu’elles sont respectées, chacun connaît les mêmes droits et les mêmes devoirs. »
Selon lui, l’administration Trump a choisi de bousculer ces règles dans le cadre de la FIFA, comme elle le fait dans plusieurs dossiers internationaux, du Groenland à Gaza en passant par l’Iran, le Venezuela ou ses relations commerciales avec l’Europe.
« Aujourd’hui, les Diables Rouges ont montré qu’on pouvait gagner… sans tricher avec les règles », conclut-il.
Une victoire sportive devenue symbole politique
Rarement une victoire des Diables rouges aura suscité autant de réactions politiques. Du PS au MR, en passant par Les Engagés et le PTB, chacun y a vu plus qu’un simple résultat sportif.
La Belgique a battu les États-Unis sur le terrain. Mais dans les réactions, c’est surtout l’idée d’une réponse aux pressions politiques américaines qui domine. La polémique autour de Balogun, l’intervention de Donald Trump auprès de Gianni Infantino et les interrogations sur l’indépendance de la FIFA ont transformé ce huitième de finale en symbole.
Pour les responsables politiques belges, les Diables rouges n’ont pas seulement gagné un match. Ils ont rappelé, chacun à leur manière, qu’une règle respectée vaut mieux qu’un rapport de force imposé.