Du boycott à l’exclusion, l’analyse de Sarah Borensztein au CCLJ
Dans un article publié par le CCLJ, Sarah Borensztein analyse le boycott d’Israël. Elle dénonce des campagnes visant des artistes et des personnalités juives, dont elle interroge la logique d’exclusion.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Des déprogrammations culturelles au harcèlement numérique, Sarah Borensztein examine au CCLJ les mécanismes d’exclusion visant des Israéliens et des personnalités juives. Elle souligne que même les voix critiques du gouvernement israélien peuvent être visées et interroge le passage de la contestation politique à une volonté d’effacement.
Le boycott d’Israël vise-t-il encore une politique gouvernementale, ou conduit-il à exclure des personnes en raison de leur identité ?
Sarah Borensztein pose cette question dans « Boycott : l’effacement acceptable », publié par le Centre communautaire laïc juif (CCLJ). Son analyse relie les pressions culturelles, le harcèlement numérique et certains slogans à une même volonté d’effacement.
L’auteure distingue la critique des autorités israéliennes des campagnes dirigées contre des artistes ou des personnalités juives. Selon elle, plusieurs mobilisations franchissent cette frontière et imposent une responsabilité collective à leurs cibles.
Elle évoque notamment les appels à déprogrammer Amir aux Francofolies de Spa et l’annulation du concert dirigé par Lahav Shani à Gand. Dans ce dernier cas, elle dénonce une injonction à condamner publiquement la politique israélienne pour pouvoir exercer son métier.
Le boycott d’Israël frappe aussi les voix critiques
Un argument central traverse son article. Critiquer le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne protège pas nécessairement des appels au boycott. Sarah Borensztein cite notamment Barbara Butch, Joann Sfar, Delphine Horvilleur et le réalisateur israélien Nadav Lapid.
Leurs positions différentes convergent sur un point, souligne-t-elle. Ces personnalités ont exprimé leur opposition au gouvernement israélien ou leur attention aux souffrances palestiniennes. Elles subissent pourtant, selon son analyse, des campagnes de rejet qui dépassent leurs prises de position réelles.
L’auteure décrit également les intimidations contre Barbara Butch et le harcèlement visant Gisèle Journo sur les réseaux sociaux. Elle voit dans ces épisodes une extension de l’exclusion aux relations professionnelles et amicales. La mise à distance peut alors compromettre une activité ou conduire à supprimer toute trace publique d’une personne.
Une interrogation sur l’effacement des identités juives
Sarah Borensztein estime que cette logique dépasse la contestation d’une guerre. À ses yeux, elle peut conduire à conditionner l’acceptation des personnes juives au rejet de l’existence même d’Israël. C’est cette exigence qu’elle désigne comme un effacement.
Elle examine aussi les réactions opposées aux déprogrammations, notamment autour du rappeur Macklemore. Elle critique une indignation sélective face à la censure et demande de considérer les slogans dans leur contexte d’utilisation.
Son raisonnement s’achève sur l’injonction « Retournez en Pologne ». Elle y voit une négation de la diversité des origines juives et de leur présence ancienne hors d’Europe. Elle souligne aussi la violence historique d’un renvoi vers un territoire marqué par l’extermination des Juifs pendant la Shoah.
L’article invite ainsi à examiner les cibles et les méthodes de ces campagnes. La question posée par Sarah Borensztein concerne leur finalité. S’agit-il de contester des décisions politiques, ou de rendre certaines présences juives et israéliennes indésirables dans l’espace public ?
Article complet à découvrir : Boycott : l’effacement acceptable