Edith Eger, survivante d'Auschwitz, témoin et passeuse de mémoire, est décédée à l'âge de 99 ans
Rescapée d'Auschwitz devenue figure majeure de la résilience, Edith Eger s'est éteinte à 99 ans. Déportée adolescente, elle avait fait de son parcours un message universel sur la liberté intérieure. Sa disparition ravive l'urgence de préserver la mémoire des derniers témoins de la Shoah.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Née à Košice (Tchécoslovaquie) le 29 septembre 1927 et décédée à San Diego (États-Unis) le 27 avril 2026, Edith Eva Eger était une psychologue américano-hongroise, survivante de l'Holocauste et spécialiste du traitement du syndrome de stress post-traumatique. Ses mémoires, intitulés « Le Choix : Oser le possible », publiés en 2017, sont devenus un best-seller international.
Déportée à 16 ans avec sa famille, Edith Eger perd ses parents dès leur arrivée à Auschwitz-Birkenau, assassinés dans les chambres à gaz. Seules ses sœurs, Magda et Klara, survivent à ses côtés. Cette expérience fondatrice marquera durablement celle qui deviendra plus tard psychologue et auteure reconnue à l'échelle internationale.
Une scène fondatrice au cœur de son témoignage
Parmi les épisodes qu'elle a souvent liés, l'un s'impose comme emblématique. Quelques heures après la mort de ses parents, elle est contrainte de danser pour le médecin nazi Josef Mengele. Un moment d'une brutalité extrême, qu'elle interprètera des années plus tard comme un basculement intérieur.
Dans ses récits, Edith Eger expliquait que cette scène, loin de l'anéantir totalement, lui avait révélé une forme de liberté intime. Même dans un environnement de terreur absolue, elle affirmait avoir compris que son esprit pouvait échapper à l'emprise de ses bourreaux.
Une vie consacrée à la reconstruction
Après la guerre, Edith Eger s'oriente vers la psychologie et consacre son existence à l'accompagnement des personnes confrontées à des traumatismes. Son parcours personnel nourrit une approche centrée sur la capacité de chacun à se reconstruire, malgré les blessures les plus profondes.
À travers ses ouvrages — The Choice, The Gift et The Ballerina of Auschwitz — elle développe une conviction centrale que, si le passé ne peut être modifié, il reste possible de choisir la manière de vivre avec celui-ci. Son travail, largement diffusé, a touché un public international bien au-delà du cercle des survivants de la Shoah.
La mémoire des survivants en question
La disparition d'Edith Eger intervient dans un contexte où les témoins directs de l'extermination nazie se font de plus en plus rares. Chaque décès souligne la fragilité de cette mémoire incarnée, essentielle à la transmission historique.
Revital Yakin Krakovsky, directeur de la Marche des Vivants en Israël, a rappelé que la disparition de chaque rescapé équivaut à la perte d'« un monde entier ». Un constat qui renforce la nécessité de préserver leurs récits, alors que s'éloigne progressivement la génération des survivants.