François Burgat condamné : le procès tardif de 40 ans de complaisance pour l’islamisme
Condamné en appel pour apologie du terrorisme, l’ancien directeur de recherche au CNRS François Burgat a diffusé une lecture de l’islam politique accusée de relativiser systématiquement les Frères musulmans et la violence islamiste. Il en a payé aujourd'hui le prix.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
François Burgat condamné pour apologie du terrorisme : le procès tardif d’une complaisance universitaire envers l’islamisme qui a profondément marqué les sciences sociales françaises.
La cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné mercredi l’islamologue François Burgat pour « apologie du terrorisme ». L’ancien directeur de recherche au CNRS écope de 5.000 euros d’amende, de trois ans d’inéligibilité et devra verser des dommages et intérêts aux parties civiles. Un an plus tôt, il avait pourtant été relaxé en première instance.
Au-delà du verdict judiciaire, cette décision marque surtout un tournant symbolique. Car l’affaire Burgat ne concerne pas seulement un homme ou quelques tweets publiés après le 7 octobre. Elle pose une question autrement plus profonde : comment une vision aussi systématiquement indulgente envers l’islam politique a-t-elle pu s’imposer pendant des décennies dans une bonne partie du paysage universitaire français ?
Enfin. Tout se voit toujours mais si tard. Entre-temps François Burgat aura fait carrière au CNRS grâce à des travaux faisant l’apologie des islamistes…
— Caroline Fourest (@CarolineFourest) May 27, 2026
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L’islamisme constamment ramené aux fautes de l’Occident
Depuis plus de quarante ans, François Burgat défend une lecture du monde devenue emblématique de certains milieux académiques occidentaux : l’islamisme ne serait pas d’abord une idéologie totalitaire ou expansionniste, mais une réaction politique aux fautes historiques de l’Occident — colonisation, impérialisme, interventions militaires, marginalisation culturelle.
Dans cette grille de lecture, les Frères musulmans apparaissent comme des acteurs politiques injustement diabolisés, le voile comme un instrument d’émancipation, et la violence islamiste comme une conséquence indirecte des erreurs européennes ou américaines.
En 2020, dans les colonnes du Monde, François Burgat affirmait ainsi que « l’Occident démocrate se trompe dangereusement de cible » en combattant l’islam politique. À plusieurs reprises au fil de sa carrière, il a également soutenu que les mouvements issus de la mouvance frériste poursuivaient des objectifs « banalement démocratiques ».
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