Friedrich Merz : « L’Europe est devenue championne du monde de la sur-réglementation »
Le chancelier allemand Friedrich Merz a dénoncé une Europe paralysée par l’excès de normes et de bureaucratie, plaidant pour une réduction massive des réglementations afin de restaurer la compétitivité économique allemande et européenne.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Friedrich Merz appelle à réduire drastiquement la bureaucratie européenne pour relancer la croissance et la compétitivité.
Face à une économie allemande en panne et à une compétitivité européenne fragilisée, Friedrich Merz hausse le ton contre ce qu’il considère comme l’un des principaux freins à la croissance : l’excès de régulation.
Dans un discours offensif sur la situation économique de l’Allemagne et de l’Europe, le dirigeant conservateur a estimé que le continent avait « gaspillé un potentiel de croissance incroyable » ces dernières années en freinant inutilement les réformes et en limitant « excessivement les libertés entrepreneuriales et les responsabilités individuelles ».
German Chancellor Friedrich Merz just called the EU a "complete failure" in front of global elites by stating, "Germany & Europe have wasted incredible potential. We have become the world champion of over-regulation & zero growth." pic.twitter.com/OE6VzuTZ2p
— matrixbot (@thematrixb0t) May 11, 2026
Une attaque frontale contre la bureaucratie européenne
Friedrich Merz cible particulièrement l’accumulation normative européenne, qu’il juge devenue contre-productive pour l’économie du continent.
« Le marché unique avait été créé pour former l’espace économique le plus compétitif du monde, a-t-il rappelé, avant d’ajouter qu'au lieu de cela, nous sommes devenus les champions du monde de la sur-réglementation. »
Le chancelier allemand appelle ainsi à un changement radical d’approche, affirmant vouloir donner désormais la priorité à « la sécurité et à la prévisibilité plutôt qu’à ce qu’il qualifie de perfectionnisme réglementaire excessif ».
Dans son esprit, l’Europe aurait progressivement étouffé sa propre capacité d’innovation et d’investissement sous le poids des contraintes administratives, environnementales et normatives.
Un discours qui vise aussi Bruxelles
Au-delà de la politique intérieure allemande, cette prise de position s’inscrit dans une critique plus large de l’orientation économique de Union européenne.
Depuis plusieurs années, une partie des milieux industriels et conservateurs allemands estime que l’Europe accumule les réglementations au moment même où les États-Unis et la Chine accélèrent massivement leurs stratégies industrielles.
Normes environnementales, reporting extra-financier, contraintes ESG, législation numérique ou obligations administratives : de nombreux dirigeants économiques dénoncent désormais une perte de compétitivité structurelle du continent.
Le discours de Friedrich Merz marque ainsi une tentative de repositionnement plus pro-business de l’Allemagne, dans un contexte où le modèle économique allemand traverse une crise profonde.
Relancer l’investissement et l’esprit d’entreprise
Le chancelier cherche également à envoyer un signal aux entreprises allemandes, confrontées à une croissance quasi nulle, à des coûts énergétiques élevés et à une concurrence internationale accrue.
En défendant les « libertés entrepreneuriales et la responsabilité individuelle », Friedrich Merz reprend un vocabulaire économique très libéral, destiné à réhabiliter l’investissement privé et l’initiative économique comme moteurs centraux du redressement allemand.
Cette ligne tranche avec l’approche prudente et réglementaire qui avait dominé sous les précédentes coalitions gouvernementales.
Reste à savoir si cette inflexion rhétorique débouchera sur des réformes concrètes à Berlin comme à Bruxelles. Car si le diagnostic sur la lourdeur bureaucratique européenne est largement partagé dans certains milieux économiques, les équilibres politiques au sein de l’Union rendent toute dérégulation massive particulièrement complexe.