« Israël doit saboter l'accord avec l'Iran » : la position radicale de Raphaël Jerusalmy
Sur A+ La Chaîne, l'écrivain et ancien officier supérieur de renseignement Raphaël Jerusalmy a vivement critiqué l'accord en préparation entre Washington et Téhéran. Selon lui, Israël doit désormais miser sur son autonomie stratégique et ne plus dépendre des choix de la Maison-Blanche.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Pour Raphaël Jerusalmy, l'accord entre les États-Unis et l'Iran confirme qu'Israël doit renforcer son autonomie militaire et cesser de dépendre des alternances politiques américaines.
Alors que les négociations entre Washington et Téhéran semblent se rapprocher d'un accord, certaines voix israéliennes expriment leur profonde inquiétude.
Invité sur A+ La Chaîne, Raphaël Jerusalmy a livré une analyse particulièrement offensive de la nouvelle séquence diplomatique qui se dessine au Moyen-Orient.
Selon lui, Israël ne doit pas seulement juger l'accord à l'aune de ses clauses immédiates. Il doit surtout en tirer une leçon stratégique plus fondamentale : celle de la nécessité d'une autonomie accrue face aux États-Unis.
« Israël doit apprendre à faire cavalier seul. » — Raphaël Jerusalmy
— A+ La Chaine (@APlusLaChaine) June 14, 2026
👉 renforcer son autonomie militaire
👉 maintenir la pression sur le régime iranien
👉 ne pas dépendre des alternances politiques à Washington pic.twitter.com/zBjgvO8vF6
La méfiance envers les garanties américaines
Dans son intervention, Jerusalmy estime que les événements récents démontrent les limites de la protection américaine.
L'éditorialiste considère que les changements politiques à Washington rendent toute dépendance excessive dangereuse pour l'État hébreu. « Israël doit apprendre à faire cavalier seul », affirme-t-il.
Son raisonnement repose sur l'idée que l'actuel soutien américain ne saurait être considéré comme permanent. Une alternance politique pourrait, selon lui, conduire à une administration beaucoup moins favorable aux positions israéliennes.
L'autonomie militaire comme priorité
Au-delà de la critique immédiate de l'accord, Jerusalmy plaide pour une accélération de l'effort industriel et militaire israélien.
À ses yeux, le conflit des derniers mois a montré l'importance de disposer d'une capacité de production nationale capable de réduire les dépendances extérieures.
Cette réflexion n'est d'ailleurs pas nouvelle en Israël. Depuis plusieurs années, les débats stratégiques israéliens portent sur la nécessité de renforcer les capacités nationales en matière de défense antimissile, de drones, de munitions guidées et de renseignement.
La crainte d'un réarmement iranien
L'une des principales critiques formulées par Jerusalmy vise les conséquences économiques d'un éventuel assouplissement des sanctions.
Selon lui, les ressources financières récupérées par Téhéran pourraient permettre aux Gardiens de la Révolution de reconstituer progressivement leurs capacités.
Cette inquiétude est partagée par une partie de l'establishment sécuritaire israélien, qui considère que la pression économique constitue l'un des principaux leviers de contrainte sur le régime iranien.
Une vision maximaliste de la sécurité
La conclusion de son intervention est sans ambiguïté. Jerusalmy estime qu'Israël doit maintenir l'initiative militaire et refuser toute situation susceptible de permettre à ses adversaires régionaux de retrouver des marges de manœuvre.
Cette position s'inscrit dans une tradition stratégique profondément ancrée en Israël depuis plusieurs décennies : celle selon laquelle la supériorité militaire doit être constamment entretenue afin de préserver la capacité de dissuasion du pays.
Un débat qui traverse Israël
Les propos de Jerusalmy reflètent une fracture plus large au sein du débat israélien. D'un côté, certains estiment qu'un accord imparfait vaut mieux qu'une guerre permanente et qu'il peut offrir une période de stabilité relative.
De l'autre, des voix considèrent que tout assouplissement envers Téhéran risque de repousser le problème sans le résoudre et de permettre au régime iranien de reconstituer progressivement sa puissance.
Au-delà de la polémique immédiate, l'intervention de Jerusalmy pose donc une question centrale pour l'avenir du Moyen-Orient : dans un contexte international de plus en plus incertain, jusqu'où Israël peut-il encore compter sur ses alliés, et quelle part de sa sécurité devra-t-il désormais assurer seul ?