« Je suis un Arabe israélien » : Yoseph Haddad revendique sa double identité
Arabe israélien, ancien soldat de Tsahal blessé au Liban et grande figure médiatique, Yoseph Haddad est parfois accusé de « trahir les Arabes » en raison de son soutien à Israël. Interrogé sur ces critiques, il a livré une réponse particulièrement directe qui remet en lumière une réalité souvent ignorée du conflit israélo-palestinien.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Accusé de trahir les Arabes en raison de son soutien à Israël, Yoseph Haddad répond sans détour et revendique sa double identité d’Arabe israélien.
« Traître à qui ? » La question est simple. La réponse, elle, est devenue virale. Invité à réagir aux accusations dont il fait régulièrement l'objet, Yoseph Haddad, journaliste et conférencier de 40 ans, n'a ici pas cherché à nuancer son propos. Celui qui est aujourd'hui l'une des figures arabes israéliennes les plus connues du pays a revendiqué très positivement son attachement à Israël, tout en refusant de renoncer à son identité arabe.
« Je suis un Arabe israélien. Israël est mon pays. Je me bats pour mon pays », affirme-t-il. Une déclaration qui résume à elle seule le personnage.
Une voix qui dérange
Originaire de Nazareth, Yoseph Haddad a servi dans l'armée israélienne avant d'être blessé lors de la guerre du Liban. Depuis plusieurs années, il s'est imposé comme l'un des défenseurs les plus médiatisés d'Israël dans le monde arabophone et sur les réseaux sociaux.
Cette position lui vaut une forte visibilité, mais aussi de vives critiques. Pour certains militants pro-palestiniens ou soutiens du Hamas, son engagement en faveur d'Israël ferait de lui un « traître » à sa communauté. Une accusation qu'il rejette catégoriquement.
« Vous voulez que je combatte les gens qui me donnent la liberté d'expression ? Les gens qui me donnent la liberté de religion ? Pourquoi ? » répond-il.
« Merci, si je suis un traître au Hamas »
La séquence prend une tournure encore plus directe lorsqu'il évoque le Hamas.
Je suis un traître envers qui ? Envers le Hamas ? Dieu merci si je suis un traître au Hamas. C'est une bénédiction d'être un traître au Hamas, parce que le Hamas est une organisation terroriste.
Yoseph Haddad
Puis il poursuit en élargissant son propos au Hezbollah, aux Houthis et au régime iranien, qu'il décrit comme des organisations ou des régimes soutenant le terrorisme.
Un árabe israelí sorprende a la entrevistadora:
— Isaac (@isaacrrr7) June 1, 2026
"Soy un árabe israelí. Israel es mi país. Lucho por mi país. Israel me da libertad de religión y de expresión. ¿Por qué iba a luchar contra Israel? Lucharé contra Hamás."
Esto DEBE volverse viral.pic.twitter.com/YR8TPToPIM
Loin de chercher à se justifier, Haddad retourne ainsi l'accusation contre ses adversaires. Selon lui, la véritable question n'est pas de savoir pourquoi il soutient Israël, mais pourquoi certains considèrent qu'un Arabe devrait automatiquement se montrer loyal envers des organisations islamistes armées.
Une réalité souvent absente du débat occidental
L'intérêt de cette intervention dépasse largement la personnalité de Yoseph Haddad. Elle rappelle une réalité souvent simplifiée dans les débats occidentaux : les citoyens arabes d'Israël ne constituent pas un bloc politique homogène.
Certains se définissent avant tout comme Palestiniens. D'autres mettent davantage l'accent sur leur citoyenneté israélienne. Beaucoup combinent plusieurs appartenances à la fois.
Yoseph Haddad incarne l'une des expressions les plus affirmées de cette dernière tendance. Il revendique simultanément son identité arabe et son attachement à l'État d'Israël, refusant de voir ces deux dimensions comme contradictoires.
Une fracture au sein du monde arabe
En réalité, son discours met en lumière une fracture plus profonde que le simple conflit israélo-palestinien.
Lorsqu'il affirme qu'il combattrait le Hamas, le Hezbollah ou le régime iranien « de ses propres mains », Haddad ne se contente pas de défendre Israël. Il s'oppose également à une vision du Moyen-Orient portée par les mouvements islamistes et les groupes armés soutenus par Téhéran.
Cette ligne de fracture traverse aujourd'hui une partie du monde arabe lui-même. C'est pourquoi Yoseph Haddad soulève tant d'émotions. Il représente pour ses partisans une voix arabe refusant l'intimidation des mouvements islamistes.
L'intéressé, lui, ne semble guère impressionné par la controverse. « Le traître, c'est moi ? conclut-il. Je suis un Arabe fier, un Israélien fier et un fier défenseur de mon pays. »
Une formule qui résume toute la singularité d'un personnage devenu, au fil des années, l'un des visages les plus médiatiques de la société israélienne.