« La casse et les violences ne sont jamais légitimes » : Gatelier interpelle le PTB sur la mobilisation des jeunes
La colère des élèves contre les réformes de l'enseignement est-elle entièrement spontanée ? Dans une publication sur les réseaux sociaux, le député-bourgmestre Jean-François Gatelier (Les Engagés) pointe le rôle des organisations de jeunesse du PTB dans la contestation. Il refuse toutefois de leur attribuer les violences sans preuves.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Jean-François Gatelier interroge le rôle du PTB, de Comac et de RedFox dans les manifestations étudiantes, tout en refusant de leur attribuer les violences sans preuves.
Alors que les manifestations contre les réformes de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles se poursuivent, Jean-François Gatelier, député-bourgmestre des Engagés, pose une question : « Ce mouvement étudiant est-il vraiment aussi spontané qu'on nous le présente ? »
𝗖𝗲 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲́𝘁𝘂𝗱𝗶𝗮𝗻𝘁 𝗲𝘀𝘁-𝗶𝗹 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝘀𝗽𝗼𝗻𝘁𝗮𝗻𝗲́ 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲 ?
— Gatelier Jean-François (@gatelierjf) October 8, 2026
La colère de certains jeunes est réelle. Leurs inquiétudes méritent d’être entendues et débattues.
Mais regardons aussi les faits.… pic.twitter.com/xA2ENRAuqB
Dans une publication accompagnée d'un visuel associant les logos du PTB et de RedFox aux images des manifestations, l'élu s'interroge sur les relais politiques d'une mobilisation qui a donné lieu, ces derniers jours, à plusieurs épisodes de violences et de dégradations, notamment à Liège.
Il prend toutefois soin de distinguer les revendications des élèves, l'organisation de la contestation et la responsabilité des débordements.
« Une contestation organisée depuis des mois »
Jean-François Gatelier commence par reconnaître la réalité du mécontentement étudiant. « La colère de certains jeunes est réelle. Leurs inquiétudes méritent d'être entendues et débattues », écrit-il.
Mais l'élu invite à examiner la manière dont le mouvement s'est constitué. Selon lui, la mobilisation actuelle s'appuie sur un travail militant déjà ancien, associant collectifs, manifestations, matériel de campagne et relais politiques.
Il désigne notamment deux organisations liées au Parti du travail de Belgique : Comac, active dans l'enseignement supérieur, et RedFox, destinée aux élèves du secondaire.
Ces affiliations ne sont pas contestées. Sur son propre site, le PTB présente officiellement RedFox comme son mouvement de jeunesse pour les élèves du secondaire et Comac comme son mouvement étudiant.
L'élu évoque également les images diffusées par RTL Info à Liège, où des manifestants arboraient des autocollants opposés aux mesures de la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny, portant le logo de RedFox. Interrogée sur leur provenance, une jeune participante avait confirmé que ce matériel venait de l'organisation de jeunesse du PTB. Cette séquence avait déjà été examinée par 21News dans un article publié le 6 octobre.
Entre organisation militante et mobilisation virale
Pour Jean-François Gatelier, la contestation ne se résume cependant pas à une opération organisée par un parti. Il décrit une seconde dynamique, apparue avec les appels diffusés sur les réseaux sociaux, les blocages simultanés d'établissements et la circulation rapide du mouvement entre différentes écoles.
« Il y a manifestement un phénomène de mimétisme et d'amplification : une contestation organisée depuis des mois a fourni un terrain sur lequel une mobilisation étudiante, beaucoup plus horizontale et virale, est venue se greffer », analyse-t-il.
Cette distinction rejoint certains témoignages d'élèves recueillis sur le terrain. Dès le 1er octobre, des participants expliquaient avoir organisé des blocages entre élèves, notamment grâce aux réseaux sociaux, pour exprimer leurs propres inquiétudes face aux réformes.
La présence de militants politiques ne suffit donc pas à démontrer que l'ensemble du mouvement serait dirigé par une organisation partisane.
« Rien ne permet d'affirmer » que le PTB organise les violences
C'est sur la question des débordements que Jean-François Gatelier entend tracer une limite. « Cela signifie-t-il que le PTB ou RedFox organise les violences ? À ce stade, rien ne permet de l'affirmer. Et je ne ferai pas ce raccourci », précise-t-il.
L'élu considère néanmoins qu'il serait tout aussi erroné de présenter les manifestations comme une révolte entièrement spontanée et dépourvue de relais politiques.
Sa prise de position intervient dans un climat particulièrement tendu. À Liège, des affrontements ont opposé certains manifestants aux forces de l'ordre, tandis que des barricades ont été incendiées et que plusieurs policiers ont été blessés.
Les organisations visées contestent pour leur part les accusations de manipulation. Interrogée par RTL, la responsable de RedFox, Manon Vidal, a réfuté l'idée que son mouvement instrumentaliserait les élèves. Des participants ont également souligné la présence de jeunes issus de plusieurs sensibilités politiques dans les manifestations.
« Le débat démocratique doit rester plus fort que la politique de la rue »
Jean-François Gatelier conclut son intervention en distinguant le droit de manifester du recours à la violence. « Une revendication peut être légitime. Une manifestation peut être légitime. La casse et les violences ne le sont jamais », affirme-t-il.
Il estime qu'une organisation politique contribuant à structurer et à amplifier une mobilisation impliquant parfois des mineurs doit pouvoir être interrogée sur son rôle et sur les responsabilités qu'elle assume lorsque la situation dégénère.
« Le débat démocratique doit rester plus fort que la politique de la rue », conclut le député-bourgmestre. Une prise de position qui déplace le débat : au-delà des revendications scolaires et des incidents survenus dans les manifestations, c'est désormais le rôle des organisations politiques auprès des jeunes mobilisés qui fait l'objet de controverses.