TEC quasi gratuit : Gatelier accuse Écolo d’avoir « laissé la facture à ceux qui gouverneront demain »
Le député fédéral Les Engagés Jean-François Gatelier étrille la quasi-gratuité du TEC instaurée sous Philippe Henry. Il dénonce une dépense récurrente financée avec des moyens temporaires et rappelle que le TEC n’a pas établi de lien significatif entre baisse des tarifs et hausse de fréquentation.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Jean-François Gatelier (Les Engagés) attaque la quasi-gratuité du TEC instaurée sous Philippe Henry : financements temporaires, efficacité non démontrée sur la fréquentation et « facture » laissée aux gouvernements suivants.
« La gratuité n’existe pas. Quelqu’un paie toujours. » Jean-François Gatelier s'en prend vivement à la politique de quasi-gratuité du TEC mise en place sous la précédente législature wallonne.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le député fédéral Les Engagés et bourgmestre de Sivry-Rance revient sur les abonnements annuels à 12 euros introduits lorsque l'écologiste Philippe Henry était ministre wallon de la Mobilité.
Une politique séduisante « sur le papier », reconnaît-il, mais à laquelle aurait manqué dès le départ une question essentielle : « Qui paiera demain ? »
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— Gatelier Jean-François (@gatelierjf) October 6, 2026
En 2021, Philippe Henry, ministre Écolo de la Mobilité, porte la quasi-gratuité du TEC. 𝟭𝟮 € 𝗽𝗮𝗿 𝗮𝗻. Sur le papier, évidemment, c’est séduisant. Mais une question essentielle a été oubliée : qui paiera… pic.twitter.com/RiTrlPFmzw
42 millions du Plan de relance et 19 millions destinés aux infrastructures
Jean-François Gatelier s'attaque d'abord au financement du dispositif. Selon les chiffres qu'il avance, 42 millions d'euros provenant du Plan de relance wallon ont été consacrés au lancement de la quasi-gratuité. Par la suite, ajoute-t-il en se référant à des données présentées par l'actuel ministre de la Mobilité, 19 millions d'euros supplémentaires auraient été réaffectés depuis une enveloppe initialement destinée à la reconstruction d'infrastructures régionales endommagées par les inondations de 2021.
C'est précisément cette mécanique que critique l'élu des Engagés. « Le problème de fond est là : on a créé une dépense récurrente en utilisant notamment des moyens temporaires », écrit-il.
Et Gatelier y voit une certaine conception de la gestion publique : « Promettre aujourd'hui et laisser la facture à ceux qui gouverneront demain. »
Le TEC lui-même n'a pas établi d'effet significatif sur la fréquentation
Sa charge arrive alors que le TEC vient d'annoncer une importante refonte de ses tarifs à partir du 1er février 2027. L'entreprise publique wallonne abandonnera notamment la quasi-gratuité généralisée des abonnements à 12 euros pour certaines catégories de voyageurs, tout en maintenant une tarification sociale ciblée.
Surtout, le TEC justifie lui-même cette évolution par les conclusions d'une évaluation menée en 2024 : celle-ci « n'a pas établi de lien significatif entre baisse des tarifs et augmentation de la fréquentation du réseau », qui constituait pourtant l'objectif poursuivi par la mesure.
Gatelier prend soin de préciser ce que ce constat signifie — et ce qu'il ne signifie pas. La fréquentation a bien augmenté et a atteint 155,4 millions de voyages en 2024. Mais, souligne-t-il, l'évaluation du TEC n'a pas permis d'établir que la diminution des tarifs était à l'origine de cette progression.
« Il faut d'abord créer de la richesse »
Pour le député des Engagés, le débat dépasse donc le seul prix d'un abonnement de bus. « Dans une Région confrontée à des déficits structurels, on ne peut pas durablement multiplier les services quasi gratuits sans prévoir leur financement dans le temps », estime-t-il.
Il oppose à cette politique une autre hiérarchie des priorités : « Il faut d'abord créer de la richesse pour pouvoir ensuite la redistribuer. » En matière de transports publics, Gatelier affirme ainsi préférer consacrer les moyens disponibles à l'offre elle-même : « des bus qui passent », le maintien des lignes dans les zones rurales, une fréquence accrue et un service plus fiable. « Une politique sociale qui n'est pas financée durablement finit toujours par présenter la facture », conclut-il.
Le TEC adopte désormais lui aussi un discours axé sur la soutenabilité financière de son réseau. En annonçant sa nouvelle politique tarifaire, l'entreprise explique vouloir renforcer progressivement ses recettes afin de disposer des moyens nécessaires au maintien et au développement de son offre.