Crise fédérale : Maxime Prévot favorable à une baisse du salaire des ministres
Maxime Prévot soutient l’idée avancée par Bart De Wever de réduire symboliquement la rémunération des ministres en cas d’échec budgétaire. Le vice-Premier ministre estime également que l’abandon de la piste TVA a compliqué les négociations au sein de l’Arizona.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Maxime Prévot (Les Engagés) soutient une baisse symbolique du salaire des ministres pour montrer l’exemple en pleine crise budgétaire.
- Aucun montant ni aucune modalité n’ont encore été décidés, reconnaît le vice-Premier ministre.
- Prévot regrette l’abandon de la piste TVA, qui aurait selon lui facilité l’accord et déséquilibré les négociations.
Au lendemain de l’échec des négociations budgétaires et alors que l’avenir du gouvernement fédéral reste incertain, Maxime Prévot (Les Engagés) s’est prononcé en faveur d’un geste symbolique de la part des ministres : une diminution de leur rémunération.
Invité de Matin Première (RTBF) ce mardi matin, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères est revenu sur une proposition formulée dimanche soir par Bart De Wever. Le Premier ministre avait évoqué une réduction progressive de la rémunération des membres du gouvernement si celui-ci ne parvenait pas à atteindre ses objectifs budgétaires.
Interpellé par un auditeur sur le décalage qui pourrait exister entre les efforts réclamés à la population et ceux consentis par les responsables politiques eux-mêmes, Maxime Prévot assure que la proposition n'avait, à sa connaissance, suscité aucune opposition lors des discussions.
« Dimanche soir, le Premier ministre a dit que si on n’était pas capables de remplir nos objectifs, qu’en valeur d’exemple, on aurait cette réduction symbolique du salaire des ministres, car on sait que ce n’est pas ça qui va résoudre le déficit des 10 milliards. Et personne n’a dit qu’il était contre », a expliqué l'ex président des Engagés.
« Une démarche symbolique qu’on doit soutenir »
Maxime Prévot se dit personnellement favorable à la mesure.
« Je plaide pour dire que c’est une démarche symbolique qu’on doit soutenir », affirme-t-il.
Le vice-Premier ministre reconnaît toutefois que rien n’est encore décidé sur les modalités concrètes ni sur l'ampleur de cette éventuelle réduction. « Franchement, on n’a pas pris cette décision, on n’en a pas discuté », précise-t-il.
Le geste serait donc avant tout politique. Prévot le reconnaît lui-même : une diminution de la rémunération des ministres n'aurait qu'un impact marginal face aux milliards que le gouvernement cherche à dégager pour redresser les finances publiques. Elle permettrait en revanche aux membres de l'exécutif de montrer qu'ils participent eux aussi, au moins symboliquement, à l'effort demandé.
Prévot revient sur l’abandon de la TVA à 22 %
Mais l’intervention du vice-Premier ministre ne s'est pas limitée à la rémunération des ministres. Maxime Prévot est également revenu sur l'un des épisodes qui ont marqué les négociations budgétaires : le retrait de la réforme de la TVA.
« Je pense que notre budget aurait été plus facilement et rapidement bouclé si on avait maintenu l’exercice TVA », estime-t-il.
La proposition avait notamment été résumée dans le débat public à une augmentation du taux normal de TVA de 21 à 22 %. Maxime Prévot estime que cette lecture était trop réductrice.
« Tout le monde s’est focalisé sur la question de l’augmentation du taux de 21 à 22 % en oubliant l’exercice plus global », explique-t-il.
Selon le vice-Premier ministre, le dispositif devait également comporter des diminutions de TVA dans certains secteurs, notamment l'horeca et la construction, ainsi qu'un taux nul sur certains biens de première nécessité. L'objectif était donc de combiner recettes supplémentaires et mesures destinées à préserver le pouvoir d'achat.
« Dès que quelqu’un faisait un blocage, il pouvait obtenir gain de cause »
Plus fondamentalement, Maxime Prévot estime que le retrait de cette piste a eu un effet sur le rapport de force entre les cinq partis de la coalition.
« Quand ça a été retiré, ça a donné le sentiment aux autres partenaires que dès que quelqu’un faisait un blocage, il pouvait obtenir gain de cause. Ce qui n’a pas favorisé la dynamique des négociations », analyse-t-il.
Pour lle fondateur des Engagés, abandonner la réforme de la TVA aurait donc dû s'accompagner de concessions sur d'autres dossiers.
« On aurait dû dire : OK, on retire l’exercice TVA puisqu’il y a manifestement un blocage, mais alors il faut accepter telle ou telle mesure en contrepartie. »
« On ne peut en même temps gagner au grattage et au tirage », conclut Maxime Prévot.