Les Engagés veulent taxer davantage les géants de l’énergie qui profitent de la crise
Les Engagés veulent que la Belgique rejoigne six pays européens, dont l'Allemagne, qui réclament une réponse commune face aux bénéfices exceptionnels réalisés par certaines entreprises énergétiques pendant la crise. Yvan Verougstraete entend porter la proposition au gouvernement fédéral et au niveau européen.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Les Engagés demandent à la Belgique de rejoindre l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal et l'Autriche pour prélever une partie des bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises énergétiques pendant la crise.
Les Engagés veulent faire contribuer davantage les entreprises énergétiques qui profitent de l'envolée des prix provoquée par la crise actuelle.
Le président du parti, Yvan Verougstraete, demande que la Belgique rejoigne l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal et l'Autriche, six pays qui plaident pour une réponse européenne aux bénéfices exceptionnels engrangés par certaines entreprises du secteur énergétique.
« Ce n'est pas une taxe sur la réussite. C'est la captation d'une rente de crise », a expliqué le président des Engagés à Belga.
« Quand une situation exceptionnelle permet à certaines entreprises de réaliser des bénéfices exceptionnels, il n'est pas logique que toute cette rente reste entre leurs mains alors que les ménages et les entreprises en supportent le coût », poursuit-il.
Six pays réclament une réponse européenne
L'initiative à laquelle Les Engagés souhaitent associer la Belgique ne date pas de cette semaine. Les ministres des Finances de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Italie, de la Pologne, du Portugal et de l'Autriche avaient adressé en août une lettre à l'Irlande, qui exerce actuellement la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne.
Les six gouvernements réclament une approche commune concernant les bénéfices exceptionnels du secteur énergétique, alors que la flambée des prix du pétrole et du gaz pèse sur les ménages et les entreprises européennes.
Le sujet a depuis pris de l'ampleur. Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil a notamment demandé à la Commission européenne de présenter des propositions permettant de prélever une partie des bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises énergétiques.
L'idée ne fait cependant pas encore consensus à Bruxelles. La Commission européenne a jusqu'ici rappelé que la fiscalité demeure principalement une compétence nationale et n'a pas annoncé de projet de taxe européenne harmonisée.
« Nous empêcherons que la Belgique s'y oppose »
Yvan Verougstraete veut désormais que la Belgique rejoigne officiellement les six États qui poussent le dossier. « Cette réponse doit être européenne. Si nous voulons garantir un juste fonctionnement du marché, nous ne pouvons pas laisser chaque État agir seul », estime le président des Engagés.
Pour l'eurodéputé, une intervention coordonnée permettrait notamment d'éviter que des mesures nationales différentes ne créent des distorsions entre les entreprises établies dans différents États membres. « Nous voulons que la Belgique rejoigne le camp des États membres qui demandent à capter une partie des surprofits générés par cette crise », annonce-t-il.
Les Engagés comptent défendre cette position à la fois au sein du gouvernement fédéral et au Parlement européen. Yvan Verougstraete formule même un avertissement à ses partenaires : « Nous empêcherons en tout cas que la Belgique s'y oppose. »
Une taxe qui revient avec chaque crise énergétique
Le débat n'est pas inédit en Europe. Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie et l'explosion des prix de l'énergie en 2022, plusieurs États européens avaient déjà introduit des prélèvements exceptionnels sur les bénéfices de certaines entreprises énergétiques.
La nouvelle poussée des prix provoquée par les tensions au Moyen-Orient a remis le principe sur la table. Le pétrole a dépassé les 100 dollars le baril au cours de la crise actuelle, ravivant les inquiétudes sur le coût de l'énergie pour les particuliers comme pour l'industrie européenne.
Certains États n'ont d'ailleurs pas attendu une éventuelle solution commune. Le Portugal a déjà avancé sur une contribution temporaire visant les bénéfices exceptionnels des entreprises pétrolières, tandis que l'Italie envisage également une taxation des surprofits.
Pour Les Engagés, c'est cependant au niveau européen que doit être organisée la réponse. Cette revendication intervient alors que le gouvernement fédéral belge doit transmettre à la Commission européenne son projet budgétaire pour la mi-octobre. Le parti entend donc désormais mettre la taxation des bénéfices exceptionnels du secteur énergétique sur la table des discussions belges.