La Colombie quitte le Groupe de La Haye et renoue avec Israël
La Colombie quitte le Groupe de La Haye, dont elle assurait la coprésidence. Annoncée par Omar Bula, cette décision accompagne le rapprochement avec Israël et l’ouverture de l’ambassade colombienne à Jérusalem.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Membre fondatrice et coprésidente du Groupe de La Haye, la Colombie abandonne cette coalition. Le gouvernement de de la Espriella poursuit la normalisation avec Israël après la rupture décidée sous Petro. L’ouverture d’une ambassade à Jérusalem accompagne la relance des échanges et des projets de coopération.
La Colombie abandonne le Groupe de La Haye, une coalition engagée dans des actions juridiques et diplomatiques contre Israël. Le ministère colombien des Affaires étrangères a officialisé cette décision le 15 octobre. Bogotá renonce également à la coprésidence du groupe.
Le ministre Omar Bula avait annoncé ce retrait la veille, lors d’une réception à Jérusalem. Il participait aux cérémonies marquant l’ouverture de l’ambassade colombienne dans la ville. Cette décision prolonge le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, intervenu en août.
Le Groupe de La Haye perd une coprésidente
La Colombie occupait une place importante dans cette coalition, créée le 31 janvier 2025. Elle comptait parmi ses huit membres fondateurs, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de Cuba et de la Malaisie. Bogotá en partageait la présidence avec Pretoria.
Le groupe revendique une coordination internationale pour défendre les droits des Palestiniens et faire respecter le droit international. Ses engagements initiaux comprennent des restrictions sur les transferts d’armes à Israël. Ils visent les livraisons présentant un risque clair de faciliter des violations du droit international.
La coalition prévoit également des restrictions portuaires pour certains navires transportant des armes ou du carburant militaire vers Israël. Ses membres entendent aussi soutenir l’application des décisions des juridictions internationales. Le départ colombien prive donc le groupe d’un État fondateur qui participait à sa direction.
De la rupture sous Petro à l’ambassade à Jérusalem
Ce retrait accompagne une réorientation diplomatique engagée par le président Abelardo de la Espriella. Son prédécesseur, Gustavo Petro, avait rompu les relations avec Israël en mai 2024. Le président de gauche dénonçait alors la conduite de la guerre à Gaza.
Les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques le 11 août 2026, selon les autorités colombiennes. Le 14 octobre, Omar Bula a inauguré l’ambassade à Jérusalem avec son homologue israélien, Gideon Sa’ar. Cette ouverture concrétise l’engagement du nouveau président colombien.
La normalisation concerne aussi les déplacements entre les deux pays. Une exemption réciproque de visa est entrée en vigueur le 1er septembre. Elle concerne les voyages touristiques et accompagne la reprise des échanges bilatéraux.
Sécurité, agriculture et technologies au programme
La visite d’Omar Bula en Israël, du 13 au 16 octobre, visait aussi à relancer la coopération. Les priorités annoncées comprennent la sécurité, la défense, le commerce et l’investissement. Les deux gouvernements souhaitent également développer leurs échanges dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité.
L’agriculture et la gestion de l’eau figurent parmi les autres domaines envisagés. Bogotá recherche notamment des partenariats dans l’irrigation et l’agriculture de précision. Le ministre a achevé sa visite par une rencontre avec le président israélien Isaac Herzog.
Pour justifier le retrait, Omar Bula accuse le groupe de vouloir « isoler et attaquer Israël ». La Bolivie et le Honduras ont également quitté la coalition, selon la diplomatie colombienne. Bogotá réaffirme néanmoins son attachement au multilatéralisme et au règlement pacifique des différends dans le cadre des Nations unies.