Présidentielle 2027 : Glucksmann reconnaît la « mollesse » de la social-démocratie face à Mélenchon
Distancé par Mélenchon chez les jeunes électeurs, Glucksmann reconnaît les difficultés de la social-démocratie à séduire une génération attirée par les discours radicaux. Sur RTL, le candidat à la présidentielle a appelé son camp à sortir de sa « mollesse », tout en refusant de s'engager dans une surenchère avec LFI.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann dénonce la « mollesse » de la social-démocratie face à Jean-Luc Mélenchon, qui séduit davantage les jeunes.
Comment concurrencer Jean-Luc Mélenchon auprès des jeunes sans renoncer à une ligne social-démocrate ? C'est le dilemme auquel Raphaël Glucksmann a été confronté lundi 26 octobre, au micro d'Anne-Sophie Lapix sur RTL. Interrogé sur ses faibles intentions de vote dans cette catégorie d'âge, le candidat de l'alliance PS-Place publique à l'élection présidentielle de 2027 a reconnu les difficultés de sa famille politique, allant jusqu'à dénoncer sa « mollesse ».
Un constat d'autant plus embarrassant que l'eurodéputé avait su séduire une partie de la jeunesse lors des élections européennes de 2019. Sept ans plus tard, c'est Jean-Luc Mélenchon qui semble avoir pris l'ascendant.
Politique : "Je pense qu'il y a un enjeu de radicalité. Je crois que J-L Mélenchon a mis en place un écosystème sur les réseaux sociaux extrêmement puissant"
— RTL France (@RTLFrance) October 26, 2026
Raphaël Glucksmann, candidat du PS et de Place publique à la présidentielle, invité d'Anne-Sophie Lapix #RTLSoir pic.twitter.com/Auq00GgBA9
42 % pour Mélenchon, 4 % pour Glucksmann
Lors de l'entretien, Anne-Sophie Lapix a notamment cité une enquête Ipsos-BVA pour Le Monde et Sciences Po, selon laquelle 42 % des jeunes interrogés envisageraient de voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, contre seulement 4 % pour Raphaël Glucksmann. Un écart considérable, qui illustre les difficultés du candidat social-démocrate à convaincre les nouvelles générations.
« Je pense qu'il y a un enjeu de radicalité », a-t-il reconnu, avant de souligner la puissance de l'appareil de communication de son rival : « Jean-Luc Mélenchon a mis en place un écosystème sur les réseaux sociaux extrêmement puissant. »
Mais Glucksmann ne s'est pas contenté d'invoquer l'influence numérique de La France insoumise. Il a également mis en cause les insuffisances de son propre camp : « Nous, la social-démocratie, il faut qu'on sorte de notre mollesse. » Une formule qui prend des allures d'autocritique, quelques jours seulement après sa désignation comme candidat de l'alliance PS-Place publique.
« Ils ne sont pas naïfs »
Interrogé sur la possibilité que les jeunes électeurs se laissent influencer par La France insoumise, Raphaël Glucksmann a refusé de les présenter comme des victimes crédules de la communication de Jean-Luc Mélenchon. « Ils ne sont pas naïfs », a-t-il rétorqué.
Le candidat a ensuite invité à considérer le monde dont héritent les nouvelles générations : crise écologique, difficultés économiques, dégradation des services publics, montée des autoritarismes et retour de la guerre en Europe. Autant de motifs d'inquiétude qui, selon lui, peuvent expliquer leur attirance pour des propositions de rupture.
Ce diagnostic dépasse la seule question des réseaux sociaux. Glucksmann semble reconnaître que le succès de Mélenchon auprès des jeunes ne repose pas uniquement sur une stratégie de communication efficace, mais également sur sa capacité à incarner une réponse politique à leurs inquiétudes.
Reste à savoir comment la social-démocratie peut rivaliser avec cette promesse de changement sans abandonner son ambition de rassemblement.
Une transformation « radicale », mais sans « brutalisation »
C'est précisément sur ce terrain que Raphaël Glucksmann entend se distinguer du chef de file insoumis. Il revendique un projet de transformation « radical et réaliste », qui permettrait de modifier profondément la société sans provoquer de nouvelles fractures.
Pour illustrer cette ambition, il a notamment évoqué le projet de « révolution écologique » élaboré avec Yannick Jadot, ainsi que des transformations dans les domaines de la démocratie et de l'Éducation nationale. Mais il a fixé une limite à sa stratégie : pas question, selon lui, de « faire la course à l'échalote de la radicalité avec La France insoumise ». — « Nous, ce qu'on veut, c'est un projet à vocation majoritaire qui doit réconcilier les Français », a-t-il insisté.
Toute la difficulté de sa candidature apparaît dans cette équation : proposer une rupture suffisamment profonde pour attirer les électeurs séduits par Mélenchon, tout en conservant un discours susceptible de convaincre au-delà de la gauche.
Un candidat qui progresse, mais reste derrière Mélenchon
Les derniers sondages présidentiels apportent toutefois une nuance au tableau. Selon une enquête Ipsos-BVA réalisée les 21 et 22 octobre pour Le Parisien, Raphaël Glucksmann recueille entre 13 % et 15,5 % des intentions de vote au premier tour, selon les configurations testées. Il progresse ainsi d'1,5 à 2 points par rapport à septembre.
Jean-Luc Mélenchon atteint pour sa part 17 % dans les quatre hypothèses étudiées et se qualifierait pour le second tour face à Marine Le Pen si les rapports de force mesurés se confirmaient. La progression de Glucksmann ne suffit donc pas, à ce stade, à lui permettre de dépasser son rival insoumis.
Surtout, les difficultés qu'il rencontre auprès des jeunes posent une question plus profonde que celle de son score national : la social-démocratie française peut-elle redevenir attractive pour une génération qui semble privilégier les discours de rupture ?
En reconnaissant publiquement la « mollesse » de son camp, Raphaël Glucksmann admet qu'il lui reste à trouver une réponse. Mais sa volonté de conjuguer radicalité et réconciliation laisse entière la question de savoir comment il compte y parvenir.