Le Grand Cactus invité par Pascal Praud
Lors de son éditorial matinal sur CNews, le journaliste Pascal Praud a évoqué la sanction infligée l’an dernier à 21News par le Conseil de déontologie journalistique. En cause : la publication intégrale d’un discours du vice-président américain J. D. Vance prononcé à la conférence de Munich du 14 février 2025. Une décision que l’éditorialiste a dénoncée comme un symptôme inquiétant du recul de la liberté d’expression en Europe.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Pascal Praud a évoqué sur CNews la sanction infligée à 21News pour avoir publié un discours de J. D. Vance, relançant le débat sur la liberté d’expression et la régulation médiatique en Belgique.
Vendredi matin, sur le plateau de CNews, Pascal Praud a consacré son éditorial à la Belgique et à une affaire qui avait suscité une vive polémique dans les milieux journalistiques : la sanction infligée à notre média 21News, pour avoir publié intégralement un discours du vice-président américain J. D. Vance.
« Je pense ce matin à nos amis belges », a lancé l’éditorialiste en ouverture de son propos, soulignant que de nombreux téléspectateurs belges suivent son émission depuis Bruxelles, Anvers ou Liège. Selon lui, ceux-ci n’ont « pas tous les jours la possibilité d’entendre des voix discordantes » sur les antennes de la RTBF, qu’il décrit comme « cadenassées par le politiquement correct ».
Au cœur de son intervention se trouve la décision du Conseil de déontologie journalistique belge, qui avait estimé que 21News avait manqué à certaines règles professionnelles en publiant sans contextualisation l’intégralité du discours de J. D. Vance prononcé à Munich le 14 février 2025.
Un discours sur la liberté d’expression
Dans ce discours, le vice-président américain avait dénoncé ce qu’il considère comme un recul de la liberté d’expression en Europe. Le fait que ce texte ait été reproduit intégralement par 21News avait conduit deux plaignants à saisir le Conseil de déontologie journalistique.
Celui-ci avait estimé que le média "aurait dû vérifier ou contextualiser certaines affirmations du responsable politique américain". Aux yeux de Pascal Praud, il y a un problème de principe.
« Le simple fait de relayer ses propos devient une erreur », a-t-il affirmé à l’antenne, estimant que la décision revient à considérer qu’un média ne peut plus publier un discours politique sans procéder à une forme de validation préalable de son contenu ; alors que J. D. Vance dénonçait précisément les restrictions pesant sur la liberté d’expression en Europe, ironiquement l’affaire belge illustrerait, selon lui, la réalité de ce phénomène.
« Le ministère de la vérité »
Sur un ton volontairement malicieux, Pascal Praud a comparé le Conseil de déontologie journalistique à une forme de ministère de la vérité, en référence à l’expression popularisée par le roman 1984 de George Orwell ; et a toutefois ajouté que cette décision avait eu l'effet paradoxal d'offrir une visibilité accrue au média sanctionné.
« Chers 21News, remerciez ce conseil : quelle publicité », a-t-il ironisé, invitant les téléspectateurs belges à lire le média en question : « Amis belges, lisez 21News, c’est là que ça se passe. »
Il a également affirmé que certains journalistes français pourraient être tentés de réclamer des mécanismes similaires de régulation s’ils en avaient la possibilité, y voyant une contradiction avec l’esprit même du métier. Selon lui, le journalisme devrait au contraire privilégier « la liberté, la curiosité et la singularité », plutôt qu’une uniformisation du discours.
Une affaire devenue symbole
Au-delà du cas précis de 21News, l’affaire s’est progressivement transformée en symbole d’un débat plus large sur la régulation médiatique en Europe.
D’un côté, les instances déontologiques rappellent que le journalisme implique des obligations de contextualisation et de vérification, y compris lorsqu’il s’agit de reproduire un discours politique. De l’autre, certains éditorialistes et commentateurs estiment que ces exigences peuvent, dans certains cas, limiter la diffusion d’opinions dissidentes ou de propos controversés. C’est précisément cette tension qu’a voulu souligner Pascal Praud.
Avant de conclure son intervention, il a adressé un message amical au comédien belge Damien Gillard, qui l’imite régulièrement dans l’émission humoristique Le Grand Cactus diffusée sur RTBF, et dont Praud a sincèrement dit apprécier l'humour. « Vous venez à Paris quand vous voulez », a-t-il lancé. « La liberté, c’est sympa. »