Le MR réclame une commission d’enquête sur "le fiasco" de la sortie du nucléaire
Le MR demande la création d’une commission parlementaire spéciale pour analyser les responsabilités politiques dans la sortie du nucléaire en Belgique. Les libéraux dénoncent un « fiasco » énergétique et ciblent directement les écologistes.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le MR réclame une commission parlementaire spéciale sur la sortie du nucléaire.
- Les libéraux dénoncent « un modèle énergétique dogmatique » imposé par Ecolo.
- La commission devrait analyser les impacts économiques, sociaux et environnementaux des décisions prises depuis 2003.
- Le MR veut aussi renforcer la réflexion autour de la souveraineté énergétique belge et du rôle du nucléaire.
Le MR veut rouvrir le vieux dossier de la sortie du nucléaire. Réuni en Conseil, le parti libéral demande la création d’une commission parlementaire spéciale chargée d’analyser les responsabilités politiques dans ce qu’il qualifie désormais de « fiasco » énergétique belge. Dans le viseur des libéraux : les gouvernements qui ont soutenu, prolongé ou accéléré la sortie du nucléaire depuis plus de vingt ans, avec une cible politique évidente, Ecolo.
Cette offensive politique intervient quelques jours après l’annonce du gouvernement Arizona, le 29 avril dernier, de stopper le démantèlement programmé de certaines installations nucléaires et de relancer la réflexion autour d’un nouveau nucléaire en Belgique. Pour le MR, cette décision constitue un tournant majeur et surtout « la correction d’une faute historique ».
« Le gouvernement Arizona a franchi une étape décisive pour l’avenir énergétique de la Belgique en annonçant l’arrêt du démantèlement et son engagement irrévocable à la relance d’un nouveau nucléaire », affirme le parti dans un communiqué offensif.
« La faillite d’un modèle énergétique dogmatique »
Le parti présidé par Georges-Louis Bouchez entend désormais aller plus loin en obtenant la mise sur pied d’une commission parlementaire spéciale. Objectif affiché : « tirer les enseignements » de la sortie du nucléaire décidée au début des années 2000 et identifier les responsabilités politiques.
Dans son texte, le MR dénonce frontalement « la faillite définitive d’un modèle énergétique dogmatique imposé par les écologistes depuis 1999 ». Le parti estime que les avertissements des experts et des acteurs du secteur auraient été ignorés durant plusieurs législatures.
La future commission, si elle voit le jour, devrait notamment « reconstituer la chronologie des décisions politiques depuis la loi du 31 janvier 2003 », mais aussi évaluer « l’impact économique, social et environnemental » de cette politique énergétique sur les ménages, les entreprises et les finances publiques.
Les libéraux souhaitent également que les parlementaires puissent « identifier les responsabilités politiques des décideurs qui ont maintenu, promu ou accéléré cette trajectoire en dépit des alertes répétées d’experts et d’acteurs du secteur ».
Le MR veut imposer le thème de la souveraineté énergétique
Au-delà du règlement de comptes politique, le MR veut aussi faire de cette commission un outil de réflexion sur la souveraineté énergétique belge. Le Conseil du parti demande que les travaux portent également sur « les différents piliers de la souveraineté », qu’il s’agisse des réseaux énergétiques, des approvisionnements gaziers et pétroliers, des renouvelables ou encore du nucléaire.
Le parti réaffirme dans ce contexte sa ligne politique : « le nucléaire est un pilier indispensable du mix énergétique belge ». Pour le MR, cette énergie reste « bas carbone, pilotable, compétitive et garante de notre souveraineté ». Les libéraux défendent ainsi un modèle associant nucléaire et renouvelables afin de répondre à la fois « aux défis climatiques » et à « la compétitivité de l’économie belge ».
La majorité Arizona en bloc derrière le MR?
Cette demande de commission parlementaire pourrait rapidement devenir un nouveau champ d’affrontement politique entre le MR et les partis écologistes, alors que le débat sur le nucléaire reste particulièrement sensible en Belgique.
En réclamant un examen approfondi des décisions prises depuis plus de vingt ans, le MR cherche aussi à imposer un récit politique : celui d’une sortie du nucléaire présentée comme une erreur stratégique majeure ayant fragilisé la sécurité énergétique du pays et contribué à la hausse des coûts pour les ménages et les entreprises. Reste au MR à convaincre les partenaires de la majorité Arizona de le suivre sur cette demande, car il semble improbable que les partis d'opposition soutiennent le MR sur ce dossier.
« Il est temps que la Belgique regarde lucidement les erreurs du passé pour mieux construire son avenir énergétique », conclut le parti, qui considère cette future commission comme « un devoir de transparence envers les citoyens belges ».