Circoncisions à Anvers : le Consistoire israélite dénonce une « criminalisation » du judaïsme belge
Le Consistoire central israélite de Belgique hausse à nouveau le ton dans le dossier des deux mohels, ces circonciseurs juifs poursuivis par la justice anversoise. Son président, Philippe Markiewicz, dénonce une offensive judiciaire qui viserait, selon lui, bien au-delà de deux personnes mises en cause.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
-Le Consistoire central israélite de Belgique dénonce une volonté de criminaliser la circoncision rituelle juive après le réquisitoire du procureur du Roi d’Anvers contre deux mohels.
-Son président, Philippe Markiewicz, appelle à une médiation, estimant que cette logique pourrait conduire à poursuivre des milliers de parents juifs.
« Les réquisitions du procureur du Roi d’Anvers contre les circoncisions juives démontrent une volonté claire de criminalisation de la pratique religieuse juive, alors que celle-ci est protégée par la Constitution belge », a-t-il déclaré dimanche à l’agence Belga.
Les circonciseurs juifs n’interviennent qu’à la demande des parents des garçons. Si l’on suit la logique du procureur du Roi, il devrait poursuivre tous les parents de garçons juifs circoncis. Des milliers de personnes seraient donc renvoyées en justice.
Au cœur de l’affaire : la volonté du ministère public de renvoyer deux circonciseurs juifs devant le tribunal correctionnel. Pour le Consistoire, la démarche pose une question fondamentale : jusqu’où la justice peut-elle aller lorsqu’elle touche à une pratique religieuse ancestrale, effectuée à la demande des parents ?
Philippe Markiewicz pousse le raisonnement jusqu’au bout. « Les circonciseurs juifs n’interviennent qu’à la demande des parents des garçons. Si l’on suit la logique du procureur du Roi, il devrait poursuivre tous les parents de garçons juifs circoncis. Des milliers de personnes seraient donc renvoyées en justice », affirme-t-il.
Et le président du Consistoire d’ajouter : « Si son objectif est de mettre fin au judaïsme belge, il ne pourrait pas mieux s’y prendre. J’ose espérer que le procureur général d’Anvers comprend la gravité de la situation et proposera une solution de médiation. »
Vives réactions du ministre israélien des Affaires étrangères et de Bill White
L’affaire a déjà provoqué de vives réactions, en Belgique comme à l’étranger. Le ministre israélien des Affaires étrangères et l’ambassadeur des États-Unis en Belgique sont intervenus publiquement. Plusieurs représentants de la communauté juive ont également interpellé les autorités belges, dont le Premier ministre Bart De Wever et le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.
Interrogé dimanche sur VTM, Frank Vandenbroucke s’est retranché derrière l’indépendance de la justice. Une procédure étant en cours, le ministre n’a pas souhaité faire davantage de commentaires.