Le Parlement bruxellois lève l’immunité d’Ilyas El Omari par 65 voix contre 16
Le Parlement bruxellois a autorisé lundi la levée de l’immunité parlementaire d’Ilyas El Omari. Le député TFA fait l’objet d’une enquête pour un possible détournement de fonds publics et un faux en écriture.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le Parlement bruxellois a levé l’immunité d’Ilyas El Omari par 65 voix contre 16. Le député TFA fait l’objet d’une enquête sur l’utilisation présumée d’un assistant parlementaire pour ses activités privées. Une autre enquête judiciaire concerne également une société liée à l’élu.
Le Parlement bruxellois a autorisé lundi 21 septembre la levée de l’immunité parlementaire d’Ilyas El Omari. Le député de la Team Fouad Ahidar (TFA) pourra désormais être entendu dans le cadre de l’enquête judiciaire qui le concerne.
Les députés ont examiné la demande à huis clos lors de la séance de rentrée. Elle portait formellement sur une « demande d’autorisation des poursuites à charge d’un membre ».
À la reprise de la séance publique, Bertin Mampaka a annoncé le résultat. Le président du Parlement n’a pas cité le nom du député. Les conclusions de la commission des Poursuites ont recueilli 65 voix favorables et 16 voix défavorables.
La commission avait déjà examiné le dossier au début du mois. Elle avait recommandé à l’unanimité la levée de l’immunité d’Ilyas El Omari.
L’assistant parlementaire d’Ilyas El Omari au centre de l’enquête
L’affaire remonte aux révélations publiées par le média bruxellois néerlandophone BRUZZ. Celui-ci avait enquêté sur l’utilisation d’un assistant parlementaire par Ilyas El Omari.
Ce collaborateur, rémunéré par le Parlement bruxellois, aurait aussi travaillé pour les activités privées du député. Les tâches décrites dépassaient le cadre du travail parlementaire.
Selon les éléments publiés par BRUZZ, le collaborateur s’occupait notamment d’achats de viande et de factures. Il aurait également participé à la vente d’une voiture et à la location d’un bien immobilier.
Ilyas El Omari avait d’abord contesté les accusations. Il avait ensuite reconnu certaines prestations réalisées pour ses sociétés privées. Le député affirmait cependant qu’elles ne relevaient pas du contrat financé par le Parlement.
Selon sa version, une ASBL devait facturer ces prestations à ses entreprises. BRUZZ indiquait toutefois ne pas avoir reçu les factures annoncées. Des personnes liées à cette ASBL avaient également contesté cette explication.
Une enquête pour un possible détournement de fonds publics
Après ces révélations, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête en février. Les investigations portent sur un possible détournement de fonds publics et un faux en écriture.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si des moyens publics ont servi aux activités privées du député. Plusieurs témoins ont déjà été entendus dans cette affaire.
Le parquet souhaitait également interroger Ilyas El Omari. Sa qualité de parlementaire imposait cependant une procédure particulière. Le parquet avait donc demandé en juin la levée de son immunité.
Le vote de ce lundi permet désormais à la procédure judiciaire de suivre son cours. La levée de l’immunité ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité. Ilyas El Omari bénéficie de la présomption d’innocence.
Le député avait lui-même soutenu cette levée lors de l’examen du dossier en commission. Il estimait que la justice devait pouvoir poursuivre son travail.
Ilyas El Omari concerné par une autre enquête
Le député bruxellois apparaît également dans une autre enquête judiciaire. Celle-ci relève du parquet de Hal-Vilvorde et concerne une société liée à Ilyas El Omari.
BRUZZ révélait début septembre que les enquêteurs examinent les opérations du Centre Médico-Dentaire d’Uccle. Malgré son nom, cette société avait son siège à Kraainem.
La justice cherche à déterminer si des fonds ont quitté la société avant sa faillite. Elle examine notamment un possible transfert d’argent vers le compte privé d’Ilyas El Omari.
Le parquet de Hal-Vilvorde mène cette enquête depuis 2024. Il souhaite également entendre le député sur ce dossier.
BRUZZ signalait en outre plusieurs faillites parmi les entreprises liées à Ilyas El Omari. Trois sociétés avaient encore fait faillite en août 2026. Elles comprenaient Eloï Corporate, Vip Cars Belgium et DK Cabs.
Ilyas El Omari conteste avoir commis des fautes. Après la décision de la commission des Poursuites, il avait rappelé qu’il entendait défendre son innocence devant la justice.