Harry de retour au pays, le débat sur sa protection policière ressurgit
La sécurité du prince Harry revient au centre du débat depuis son retour au Royaume-Uni. Le fils du roi invoque des menaces sérieuses, mais 63% des Britanniques refusent de payer sa protection.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le retour d’Harry au Royaume-Uni oblige la commission Ravec à réexaminer les menaces contre sa famille. Des experts défendent une protection policière, notamment en raison de son passé militaire. Mais 63% des Britanniques souhaitent que le couple finance lui-même sa sécurité.
Comme nous vous en parlions dans notre édition du 8 septembre, le prince bénéficiait auparavant d’une sécurité policière systématique. Il a perdu cet avantage après son retrait de la famille royale active.
Harry et sa famille utilisent actuellement des agents de sécurité privés. Le prince souhaite cependant obtenir une protection policière lors de certains déplacements. Ce retour au Royaume-Uni relance une question sensible, l’État doit-il financer sa sécurité et celle de sa famille ?
Harry, Meghan, Archie et Lilibet ont quitté les États-Unis fin août. La famille y vivait depuis six ans. Elle a désormais choisi les Cotswolds, une région rurale du centre de l’Angleterre. Plusieurs célébrités résident dans ce secteur réputé discret.
Le couple conserve cependant son statut privé, le roi Charles III l’a encore confirmé début septembre. Harry et Meghan n’ont repris aucune fonction officielle au sein de la monarchie. Ils avaient abandonné leurs obligations royales en 2020.
La sécurité du prince Harry examinée au cas par cas
La commission Ravec décide de la protection des personnalités royales et publiques. Elle avait retiré à Harry son dispositif automatique après son départ. Depuis, elle examine ses déplacements britanniques au cas par cas.
Le prince a contesté cette décision devant la justice. Il voulait retrouver le niveau de protection accordé aux membres actifs de la famille royale. Son recours a finalement échoué en 2025.
Ce revers n’a pas clos le dossier. Une installation durable au Royaume-Uni modifie les risques. La scolarisation des enfants impose notamment des déplacements réguliers. Ces habitudes peuvent faciliter le travail d’éventuels agresseurs.
Scott Hamer, ancien officier chargé de protéger Charles III, juge la situation surprenante. Selon lui, certaines personnalités moins exposées bénéficient pourtant d’une protection. Il estime que le statut privé de Harry ne devrait pas dicter la décision.
Une menace liée à son statut et à son passé militaire
Harry reste le fils du roi et le frère de l’héritier du trône. Cette place suffit à attirer une forte attention médiatique. Elle peut aussi susciter l’intérêt de groupes terroristes ou d’individus déséquilibrés.
Son passé militaire alourdit encore le risque. Le prince a participé à deux missions en Afghanistan. Dans ses mémoires, publiées en 2023, il affirme avoir tué 25 combattants talibans.
Plusieurs anciens militaires britanniques avaient critiqué cette révélation. Ils craignaient qu’elle transforme Harry en cible. Des groupes islamistes pourraient notamment chercher à venger ces morts.
Scott Hamer évoque aussi une menace venant de l’extrême droite. Le mariage du prince avec Meghan, qui est métisse, alimente régulièrement des insultes racistes. L’expert considère donc le danger comme réel.
Des gardes privés mais sans armes à feu
Harry et Meghan financent actuellement leurs propres agents de sécurité. Cette solution leur permet de choisir leurs équipes. Elle présente cependant une limite importante au Royaume-Uni.
Les gardes privés britanniques ne peuvent pas porter d’armes à feu. Ils n’accèdent pas non plus aux renseignements détenus par la police. Une équipe officielle dispose donc de moyens nettement supérieurs.
Selon Simon Morgan, autre ancien officier de protection, Harry juge ces moyens indispensables. Le prince considère que des gardes privés ne peuvent pas répondre seuls aux menaces.
Le gouvernement refuse de détailler les mesures envisagées. Son porte-parole défend un système « rigoureux et proportionné ». La Ravec devra probablement réexaminer le dossier après le retour de la famille.
Une large majorité refuse de payer
Les arguments sécuritaires ne convainquent guère l’opinion britannique. Un sondage publié par The i Paper révèle une opposition très nette. Seuls 6% des répondants souhaitent un financement public intégral.
À l’inverse, 63% pensent que Harry et Meghan doivent payer eux-mêmes. Le départ volontaire du couple pèse lourd dans cette réponse, beaucoup de Britanniques refusent de financer les avantages liés à des fonctions qu’ils n’exercent plus.
L’expert royal Andrew Lownie partage cette position. Harry payait sa sécurité aux États-Unis. Il devrait donc pouvoir faire de même au Royaume-Uni, estime-t-il.
La question dépasse pourtant la popularité du prince. L’État continue de protéger certains anciens Premiers ministres après leur départ. Leur absence de fonction officielle ne supprime pas automatiquement les risques.
Un compromis pourrait donc émerger. La police assurerait la protection lors des déplacements jugés sensibles. Harry financerait le reste de son dispositif privé, cette solution respecterait l’évaluation de la menace sans imposer une facture permanente aux contribuables.