L’IA a un problème de boisson ; la solution est aussi l’IA
L’intelligence artificielle est présentée comme le moteur de l’avenir. Mais pour refroidir ce moteur, des milliards de litres d’eau potable sont nécessaires chaque année. Pourtant, personne n’a eu le courage de l’expliquer au grand public.
Publié par Dominique Dewitte
Résumé de l'article
L’essor de l’intelligence artificielle consomme des milliards de litres d’eau pour refroidir les centres de données. Face aux inquiétudes croissantes, l’industrie mise désormais sur l’IA elle-même pour réduire son empreinte hydrique.
SpaceX apparaît partout
SpaceX a récemment décidé de modifier le prospectus de son introduction en Bourse. Non pas pour annoncer une nouvelle fusée, mais pour reconnaître un risque qui, jusqu’à récemment, était à peine évoqué : la pénurie d’eau. L’entreprise a explicitement indiqué que les sécheresses et la réglementation relative à l’eau pourraient freiner le développement de ses centres de données. Lorsqu’une entreprise intègre ce type d’avertissement dans un document juridique remis aux autorités de régulation, c’est qu’il existe bel et bien un problème.
Les centres de données constituent l’épine dorsale physique du boom de l’IA. Ils hébergent les serveurs sur lesquels fonctionnent les grands modèles de langage, où sont générées les images et où sont automatisés les processus d’entreprise. Ces serveurs produisent d’énormes quantités de chaleur. Pour les refroidir, la plupart des installations utilisent de l’eau, souvent via le refroidissement par évaporation. L’eau froide absorbe alors la chaleur avant d’être pompée vers des tours de refroidissement où elle s’évapore dans l’air. Simple, efficace, mais extrêmement gourmand en eau.
Une empreinte que personne n’avait vue venir
Des chercheurs de l’Université de Californie estiment la consommation mondiale d’eau de l’IA en 2025 entre 312 et 767 milliards de litres. Cela correspond à peu près à la totalité de la production annuelle mondiale d’eau en bouteille.
Une étude publiée sur ScienceDirect ajoute une deuxième dimension à cette problématique. Outre la consommation directe d’eau destinée au refroidissement, il existe également une consommation indirecte, à savoir l’eau utilisée pour produire l’électricité alimentant les centres de données. Cette consommation indirecte peut être jusqu’à quatre fois supérieure à la consommation directe, mais les entreprises technologiques ne la déclarent presque jamais.
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