Maurice Béjart célébré à Bruxelles : Forest National accueillera trois œuvres mythiques en 2027
Bruxelles renouera en 2027 avec l’héritage incandescent de Maurice Béjart. À l’occasion du centenaire de la naissance du chorégraphe et des 40 ans du Béjart Ballet Lausanne, la compagnie présentera à Forest National trois monuments du répertoire contemporain : Boléro, Le Sacre du printemps et L’Oiseau de feu.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le Béjart Ballet Lausanne célébrera en 2027 à Bruxelles les 100 ans de Maurice Béjart avec Boléro, Le Sacre du printemps et L’Oiseau de feu à Forest National.
Il y a des noms qui dépassent largement le cercle des amateurs de danse. Maurice Béjart appartient à cette catégorie rare de créateurs dont l’œuvre a profondément marqué l’imaginaire culturel européen. Et c’est à Bruxelles, sa ville d’adoption artistique, que l’hommage prendra une dimension particulière en novembre 2027.
Du 11 au 14 novembre, Forest National accueillera une série de représentations exceptionnelles du Béjart Ballet Lausanne autour de trois ballets devenus légendaires : Boléro, Le Sacre du printemps et L’Oiseau de feu.
L’événement s’inscrit dans une double commémoration : les cent ans de la naissance de Béjart, né en 1927, et les quarante ans de la fondation du Béjart Ballet Lausanne, créé après le départ du chorégraphe de Bruxelles pour la Suisse en 1987.
Bruxelles, capitale du Béjart des grandes années
La portée symbolique de cette étape bruxelloise n’a rien d’anodin. C’est dans la capitale belge que Béjart a façonné l’essentiel de son œuvre et construit sa réputation internationale.
Installé à Bruxelles à la fin des années 1950 après sa rencontre avec Maurice Huisman à Théâtre Royal de la Monnaie, le chorégraphe y fonde le mythique Ballet du XXe siècle et transforme progressivement la ville en l’un des centres mondiaux de la danse contemporaine.
C’est également à Bruxelles qu’il crée plusieurs de ses pièces les plus emblématiques. Le Sacre du printemps y voit le jour en 1959 sur la musique d’Igor Stravinsky, tandis que Boléro, sans doute son œuvre la plus universellement connue, est créé à Théâtre Royal de la Monnaie en 1961 sur la célèbre partition de Maurice Ravel. Le programme annoncé pour 2027 ressemble ainsi à une traversée des sommets du répertoire béjartien.
Trois œuvres devenues mythiques
Le choix des trois ballets n’a rien d’un simple exercice patrimonial. Chacun d’eux occupe une place particulière dans l’histoire de la danse contemporaine.
Boléro reste l’une des créations les plus iconiques du XXe siècle : une montée hypnotique de tension chorégraphique autour de la partition répétitive et obsessionnelle de Ravel. L’œuvre, construite autour d’une table centrale et d’une énergie collective quasi tribale, continue de fasciner bien au-delà du cercle des initiés.
Le Sacre du printemps, autre monument du répertoire, conserve quant à lui sa puissance tellurique originelle. Béjart y avait insufflé une lecture physique, sensuelle et presque primitive de la musique de Stravinsky, devenue l’une des signatures de son style.
Enfin, L’Oiseau de feu complète cet hommage avec une dimension plus flamboyante et symbolique, dans une esthétique où se croisent spiritualité, modernité et puissance scénique.
Une tournée mondiale à forte charge émotionnelle
Sous la direction artistique de Julien Favreau, le Béjart Ballet Lausanne prépare pour 2027 une vaste tournée internationale. Mais l’étape bruxelloise devrait occuper une place particulière dans ce parcours.
Car plus qu’un simple retour, il s’agira d’une forme de réconciliation mémorielle entre Bruxelles et celui qui y a laissé une empreinte durable. Pendant vingt-sept ans, Béjart a profondément transformé le paysage chorégraphique belge, attirant dans la capitale des danseurs et créateurs venus du monde entier.
Son influence dépasse largement la seule danse classique contemporaine. Son esthétique, son rapport à la musique, sa manière d’ouvrir la danse à un public beaucoup plus large ont contribué à faire entrer le ballet dans une culture populaire exigeante mais accessible.
Dans une époque où les grandes figures artistiques capables de fédérer au-delà des cercles spécialisés se raréfient, cette célébration pourrait bien rappeler à quel point Maurice Béjart demeure une référence singulière dans le patrimoine culturel européen.