Pierre‑François Veil, gardien de la mémoire de la Shoah, s’éteint à 72 ans
Figure discrète mais centrale du travail de mémoire en France, Pierre‑François Veil s’est éteint à 72 ans. À la tête de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il incarnait la continuité d’un engagement familial et civique majeur. Sa disparition intervient dans un contexte où la transmission historique reste plus que jamais un enjeu sensible.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Pierre‑François Veil, président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, est décédé à 72 ans. Avocat et figure engagée, il poursuivait l’œuvre de sa mère Simone Veil, en mettant l’accent sur la transmission et la lutte contre l’antisémitisme.
La Fondation pour la mémoire de la Shoah a annoncé, avec tristesse, le décès de son président dans la nuit de mardi à mercredi. Avocat au barreau de Paris depuis la fin des années 1970, Pierre‑François Veil menait de front une carrière juridique et un investissement constant dans les institutions mémorielles.
Fils de Simone Veil et d’Antoine Veil, il était né en mars 1954 et était le cadet d’une fratrie de trois enfants.
Une vie dédiée à la mémoire
À la tête de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il avait pris le relais d’une œuvre initiée par sa mère, première présidente de l’institution. Son action s’est inscrite dans cette continuité, avec une attention particulière portée à la transmission auprès des jeunes générations.
La fondation a salué un dirigeant dont l’engagement et la dimension humaine ont marqué durablement l’institution. Sous sa présidence, la question éducative occupait une place centrale, considérée comme un rempart face aux dérives contemporaines, notamment l’antisémitisme.
Engagement international et reconnaissance
Parallèlement, Pierre‑François Veil avait assumé la présidence du comité français pour Yad Vashem. À ce titre, il participait activement à la reconnaissance des Justes parmi les Nations, contribuant à faire vivre la mémoire de ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cet engagement s’inscrivait dans une démarche plus large, visant à maintenir vivante la connaissance de la Shoah. Il défendait l’idée que la compréhension du passé reste indispensable pour appréhender les tensions actuelles.
Un acteur mobilisé face aux défis actuels
Dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites, il s’était particulièrement investi dans les débats publics liés à la mémoire et à l’éducation. Il insistait sur la nécessité d’un travail constant pour éviter l’oubli et les déformations historiques.
Son parcours témoigne d’une volonté de relier mémoire et actualité, en rappelant que les enseignements de l’histoire conservent toute leur pertinence dans les sociétés contemporaines.
Parcours et distinctions
Inscrit au barreau de Paris depuis 1979, il avait construit une carrière d’avocat tout en multipliant les responsabilités associatives et institutionnelles. Cette double trajectoire reflétait un engagement à la fois professionnel et civique.
Il avait été distingué par la Légion d’honneur, d’abord comme chevalier en 2001, puis promu officier en 2010, en reconnaissance de son action.
Selon RMC, Pierre‑François Veil est décédé à l’hôpital européen Georges‑Pompidou, à Paris, où il avait été admis. Les circonstances précises de sa disparition n’ont pas été rendues publiques.