Nouvelle crise à Ceuta : des centaines de migrants tentent de rejoindre le territoire espagnol
Nouvelle crise à Ceuta, des centaines de migrants essaient à nouveau de passer en Espagne. Les autorités marocaines tentent de contrôler la situation. Après les événements meurtriers de juillet, les autorités cherchent désormais à empêcher qu’un nouvel afflux massif ne se reproduise.
Publié par J.PE
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Les autorités marocaines ont intercepté plusieurs centaines de migrants subsahariens qui s’étaient regroupés près de Castillejos et se dirigeaient vers la frontière de Ceuta. Madrid et Rabat ont considérablement renforcé leur dispositif de sécurité, sur fond de crainte d’une nouvelle entrée massive.
La tension est de nouveau montée d’un cran autour de Ceuta. Les forces de sécurité marocaines ont empêché samedi un groupe de plusieurs centaines de migrants, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne, de rejoindre la frontière espagnole depuis les environs de Castillejos.
Selon des sources sécuritaires marocaines citées par l’agence EFE, 111 migrants ont été interceptés et 61 personnes arrêtées pour incitation à la migration illégale. Le média marocain Hespress avance pour sa part un bilan pouvant atteindre 249 personnes interceptées.
Les migrants s’étaient regroupés dans une zone située à proximité du quartier de Cerámica, l’un des secteurs les plus proches de la frontière avec Ceuta. Les autorités marocaines ont procédé à leur dispersion et à leur transfert à bord d’autobus vers différentes régions du royaume, certaines à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière espagnole.
Face au risque d’un nouvel afflux, l’Espagne et le Maroc ont déployé un dispositif de sécurité exceptionnel.
Un dispositif de sécurité exceptionnel
À Ceuta, la surveillance de la zone d’El Tarajal a été considérablement renforcée. Militaires, légionnaires, policiers nationaux et gardes civils espagnols sont mobilisés aux abords de la frontière. La Guardia Civil surveille également les autres secteurs de la clôture séparant Ceuta du territoire marocain.
Côté marocain, la présence policière a également été renforcée. Des contrôles ont été installés sur les principaux axes routiers venant notamment de Tétouan et de Tanger. Durant la nuit, la surveillance des environs de la frontière s’est intensifiée, avec notamment l’intervention de vedettes rapides de la Marine royale marocaine et de drones.
Des appels à une nouvelle entrée massive
Cette mobilisation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de messages appelant des migrants présents au Maroc à tenter une nouvelle traversée vers Ceuta.
Les autorités espagnoles redoutent particulièrement un mouvement coordonné de grande ampleur, alors que les événements de juillet ont démontré la capacité de plusieurs milliers de personnes à se concentrer rapidement à proximité de la frontière.
Melilla également sous surveillance
La vigilance ne concerne pas uniquement Ceuta. À Melilla, autre enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, le passage frontalier de Beni Enzar connaît lui aussi un important dispositif de surveillance.
La situation y est cependant beaucoup plus calme. Les autorités marocaines ont renforcé les contrôles dans les environs de Nador et sur les axes menant à la frontière espagnole.
Le mont Gurugú, autrefois régulièrement utilisé comme refuge par des migrants subsahariens souhaitant rejoindre Melilla, fait également l’objet d’une surveillance accrue. Selon des habitants interrogés par El País, les contrôles se seraient particulièrement intensifiés depuis 2024.
Madrid et Rabat sous pression
Cette nouvelle mobilisation illustre la fragilité de la situation aux frontières espagnoles d’Afrique du Nord. Ceuta et Melilla constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique, ce qui en fait des points de passage particulièrement sensibles.
Après les événements meurtriers de juillet, Madrid et Rabat cherchent désormais à empêcher qu’un nouvel afflux massif ne se reproduise.
Pour le moment, les forces marocaines semblent avoir réussi à contenir le mouvement avant qu’il n’atteigne la frontière. Mais la circulation de nouveaux appels sur les réseaux sociaux et la présence persistante de migrants dans les environs de Ceuta maintiennent un niveau d’alerte élevé.
La question est désormais de savoir si cette tentative restera un épisode isolé ou si elle marque le début d’une nouvelle vague de pression migratoire sur Ceuta.