« Pas à la hauteur des enjeux » : Charles Michel étrille Ursula von der Leyen
À la veille du discours sur l’état de l’Union, Charles Michel étrille Ursula von der Leyen. L’ancien président du Conseil européen la juge « pas à la hauteur des enjeux » et dénonce la « faiblesse » de l’Europe face à Donald Trump.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Charles Michel estime qu’Ursula von der Leyen « n’est pas à la hauteur des enjeux ».
- Il dénonce une communication « superficielle » et la faiblesse de l’Europe face à Donald Trump.
- L’ancien président du Conseil assure que ses critiques ne sont pas dictées par leur ancienne rivalité personnelle.
À la veille du discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen, Charles Michel règle ses comptes. L’ancien président du Conseil européen livre une critique particulièrement sévère de la présidente de la Commission, qu’il juge « pas à la hauteur des enjeux » et à laquelle il attribue une « responsabilité absolument écrasante » dans la faiblesse actuelle de l’Europe.
Interrogé par Jim Nejman dans le podcast « Quel monde » de RTL Info, l’ancien Premier ministre belge ne prend guère de précautions au moment d'évaluer l'action d’Ursula von der Leyen.
« Cette présidente de la Commission n’est pas à la hauteur des enjeux », tranche Charles Michel. Il lui reproche notamment de privilégier la communication au détriment de l’action politique : « Il y a beaucoup d’énergie qui est consacrée pour faire de la communication un peu superficielle. »
« Pas d’animosité personnelle »
La charge est d’autant plus remarquée que les relations entre Charles Michel et Ursula von der Leyen ont été notoirement difficiles durant les cinq années où ils occupaient les deux principales fonctions à la tête des institutions européennes.
L’épisode du « Sofagate », en 2021, avait cristallisé ces tensions. Lors d’une visite en Turquie, Charles Michel avait pris place aux côtés du président Recep Tayyip Erdogan, tandis qu’Ursula von der Leyen s’était retrouvée sans fauteuil équivalent. Selon Charles Michel, cet incident aurait ensuite été instrumentalisé par la présidente de la Commission.
L'ancien président du Conseil européen réfute cependant l'idée que ses critiques actuelles soient motivées par leur rivalité passée. « Je vois aujourd’hui que le constat que je dresse est le constat généralisé. Cela montre bien qu’il n’y a pas d’animosité personnelle », affirme-t-il. Ce n'est toutefois pas la première fois que l'ancien Premier ministre belge se montre très critique à l'égard de la présidente de la Commission. Voici quelques mois, il avait notamment déclaré qu'Ursula von der Leyen était "super autoritaire".
« Une responsabilité absolument écrasante »
Charles Michel se montre particulièrement critique sur la manière dont l’Europe s'est positionnée face à Donald Trump et à sa politique commerciale.
« Je trouve triste que les Européens aient fait preuve d’une telle faiblesse », déclare-t-il. Pour l’ancien Premier ministre, « la Commission européenne a une responsabilité absolument écrasante ».
Il oppose à cette attitude celle du Premier ministre canadien, dont il salue le positionnement sur la scène internationale. « Le Premier ministre canadien est une figure internationale qui ouvre un chemin que je crois intéressant », estime Charles Michel.
L’ancien président du Conseil reconnaît néanmoins certaines avancées obtenues sous la présidence von der Leyen, notamment en matière de politique carbone. Cela ne suffit pas à modifier son jugement d’ensemble.
« Je crois que l’Union européenne, malheureusement, et ne dites pas que je vais de nouveau être négatif sur cette Commission, manque le coche », conclut-il.
Charles Michel ne sera plus dans l’hémicycle pour assister au discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen. Mais ses déclarations, à la veille de ce rendez-vous politique européen, montrent que l’ancienne rivalité au sommet des institutions de l’Union est loin d’avoir totalement disparu.