Une bombe de 750 kilos impose une évacuation près de l’église de Lombardsijde
La découverte d’une bombe de Lombardsijde datant de 14-18 a entraîné l’évacuation de 120 personnes. Le projectile britannique contenait encore 90 kilos d’explosifs.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Une bombe britannique de 750 kilos a été découverte sur un chantier à Lombardsijde. Les autorités ont évacué 120 personnes avant l’intervention du SEDEE. La découverte rappelle l’usage massif de l’artillerie durant la Première Guerre mondiale et la présence persistante de munitions dans les sols belges.
Des ouvriers ont découvert une bombe de la Première Guerre mondiale, lundi après-midi, dans le centre de Lombardsijde. Ils effectuaient des travaux près de l’église de cette section de Middelkerke. L’engin britannique pesait environ 750 kilos.
La bombe de Lombardsijde contenait encore 90 kilos d’explosifs. Les autorités ont aussitôt établi un périmètre de sécurité de 200 mètres. Cette mesure empêchait environ 120 habitants de regagner leur domicile.
La commune a accueilli les personnes évacuées dans un centre sportif. Les services de secours ont sécurisé les alentours du chantier. Le bourgmestre Jean-Marie Dedecker s’est également rendu sur place.
Le Service d’enlèvement et de destruction d’engins explosifs (SEDEE) a examiné le projectile. Ses spécialistes l’ont neutralisé avant de l’emporter. Les habitants ont pu rentrer chez eux vers 17h00. Aucun blessé n’a été signalé.
Une bombe britannique et non un obus d’artillerie
Les premières informations parlaient d’un obus d’artillerie. Les précisions communiquées localement désignent plutôt une bombe britannique. Son poids atteignait 750 kilos, dont 90 kilos de charge explosive. Focus et WTV ont confirmé ces caractéristiques.
Les avions employaient déjà des bombes pendant la Première Guerre mondiale. Leur utilisation restait pourtant limitée face aux bombardements aériens du conflit suivant. L’artillerie constituait alors la principale source de destruction sur le front.
Canons lourds, mortiers et obusiers pilonnaient les tranchées, les routes et les villes. Les armées tiraient parfois pendant plusieurs jours avant une offensive. Elles cherchaient à détruire les défenses ennemies et à couper les barbelés.
L’artillerie a dominé les champs de bataille de 14-18
Les belligérants ont tiré des centaines de millions d’obus entre 1914 et 1918. Certains explosaient au contact du sol. D’autres projetaient des billes ou des éclats métalliques au-dessus des soldats.
L’artillerie causait des blessures particulièrement graves, les éclats pouvaient aussi frapper des hommes cachés dans les tranchées.
Selon le Musée national américain de la Première Guerre mondiale, les explosions d’obus ont causé environ 60% des pertes sur les champs de bataille. Le Musée canadien de la guerre rappelle également que l’artillerie a provoqué la majorité des pertes militaires.
Les bombardements ont aussi ravagé de nombreuses villes belges. Ypres a presque entièrement disparu sous les tirs. Dixmude, Nieuport et plusieurs villages du front de l’Yser ont subi des destructions comparables.
Les obus lourds pulvérisaient les maisons, les églises et les voies ferrées. Ils transformaient les champs en paysages de cratères. Dans certaines zones, plusieurs projectiles pouvaient tomber sur quelques mètres carrés.
Un danger toujours présent dans les sols belges
Une partie des munitions tirées n’a jamais explosé. La boue, les sols meubles ou un détonateur défectueux pouvaient empêcher leur fonctionnement. Ces armes conservent parfois leur pouvoir explosif pendant plus d’un siècle.
Les agriculteurs, les ouvriers et les terrassiers en découvrent encore régulièrement. Le phénomène touche surtout la Flandre occidentale et les anciens champs de bataille. Les habitants parlent souvent de « récolte de fer ».
La corrosion fragilise progressivement les enveloppes métalliques. Elle peut aussi rendre les mécanismes plus instables. Certains obus contiennent encore des substances chimiques dangereuses.
Le SEDEE intervient dès qu’une munition suspecte apparaît. Les démineurs identifient l’engin, évaluent son état et déterminent la méthode de neutralisation. Ils peuvent ensuite l’emporter ou le détruire sur place.
La bombe de Lombardsijde rappelle donc un héritage toujours dangereux. Plus d’un siècle après l’armistice, les sols belges continuent de restituer les armes de la Grande Guerre.