La Belgique bientôt la Grèce ? Timmermans : « Si on ne fait rien, je suis convaincu qu'on risque d'en arriver là »
La FEB demande de ne pas taxer plus mais de réduire les dépenses. Il déclare que si la Belgique ne fait rien, elle pourrait finir comme la Grèce. Il montre aussi toute une série de taxes qui ont augmenté ces dernières années pour faire de la Belgique l'un des pays, les plus taxés au monde.
Publié par J.PE
Notre pays doit faire des efforts budgétaires majeurs. Les dépenses publiques augmentent et la Belgique doit absolument trouver 10 milliards lors du prochain conclave.
L’occasion pour la FEB de donner sa vision et de rappeler que la Belgique est déjà l’un des pays les plus taxés du monde.
Interrogé par La Libre sur l’état des finances publiques et le degré d’urgence d’agir ou le fait de savoir si la Belgique pourrait connaître les problèmes qu’a connu la Grèce, le patron de la FEB est clair : « Si on ne fait rien, je suis convaincu qu'on risque d'en arriver là. Il faut regarder la réalité en face : l'inflation dépasse les 4 %, les taux d'intérêt sont également au-dessus de 4 %, nous perdons des parts de marché à l'exportation et notre compétitivité est menacée. » Il avait déjà confié à notre média 21News, le même type de sentiment, lors d'un entretien et peu de choses semblent avoir changé depuis.
Pieter Timmermans rappelle également que notre pays est l’un des plus taxés du monde : « Nos coûts salariaux sont également parmi les plus élevés. Si je veux donner 100 euros d'augmentation à un employé, il en touchera 50 nets, alors que cela coûtera environ 150 euros à l'employeur. Résultat : tout le monde est frustré. Il faut donc chercher d'autres solutions. »
Le dirigeant de la FEB ajoute qu’il est temps que l’Etat soit plus efficace et que les dépenses publiques baissent car sans cela on va droit dans le mur : « Pour sortir de l'impasse budgétaire, il faut deux choses : d'abord, de la croissance et, ensuite, un État plus efficace. Il faut se demander où certaines dépenses peuvent être réduites ou adaptées. On ne peut pas continuer pendant des décennies avec des dépenses qui augmentent plus vite que les recettes. À un moment donné, ça explose. » déclare-t-il.
Enfin le patron de la FEB critique la taxation des patrimoines proposée par le Président des Engagés, Yvan Verougstraete : « Ce n'est pas la mesure appropriée dans le contexte actuel. On ne fait qu'ajouter des taxes ces dernières années. Lorsque j'ai commencé ma carrière professionnelle, le précompte mobilier était de 10 %. Aujourd'hui, il est de 30 %. À cela s'ajoutent les différentes taxes sur le patrimoine, sur les actions, sur les transactions boursières… et, plus récemment, sur les plus-values. Mis bout à bout, tout cela fait de la Belgique l'un des pays les plus taxés au monde. »
Pieter Timmermans arrive en fin de mandat à la FEB. Il aura été une des grandes voix de l'institution depuis des années. Son successeur devrait prendre ses fonctions au mois de février prochain.