Pourquoi Georges-Louis Bouchez refuse d'abandonner la fusion Belfius-Ethias
Le gouvernement fédéral a acté la séparation des deux dossiers : la privatisation partielle de Belfius avancera seule, sans fusion préalable avec Ethias. Pas de quoi décourager Georges-Louis Bouchez, qui poursuit son combat et rêve d'un champion financier belge capable de rivaliser à l'échelle européenne.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le gouvernement fédéral poursuit la privatisation de 20 % de Belfius mais reporte toute fusion avec Ethias après une étude de faisabilité.
- Georges-Louis Bouchez continue de défendre un rapprochement qu'il juge indispensable pour créer un grand acteur financier belge.
- Jan Jambon et Maxime Prévot privilégient une approche progressive, tandis que les Régions seront consultées avant toute décision sur l'avenir d'Ethias.
Le dossier Belfius-Ethias devait être l'un des chantiers symboliques de la législature. Il sera, pour l'heure, un dossier en suspens. Mercredi, en commission des Finances de la Chambre, le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) a confirmé ce que plusieurs médias avaient filtré : la vente de 20 % du capital de Belfius et la fusion avec l'assureur Ethias seront traitées séparément. La privatisation de la banque publique avance, la fusion, elle, attendra.
Une décision fondée sur une étude de faisabilité commandée à la SFPIM — le bras financier de l'État — et déléguée au cabinet ALM Vision, dont les conclusions ont été présentées au cours du super-kern de l'été. Le rapport est sans ambiguïté sur trois points : économiquement, une fusion entre Belfius et Ethias « peut être sensée », mais il en va de même pour un rapprochement avec d'autres acteurs comme Ageas ou KBC, voire des bancassureurs étrangers ; juridiquement, il serait « difficile, voire discutable » de mener une telle opération sans un processus de vente transparent ; et surtout, fusion et privatisation partielle « ne peuvent être réalisées conjointement ».
« Les acquéreurs ne peuvent pas effectuer de due diligence sur la base d'informations qui ne sont pas disponibles et dont l'issue est incertaine », a expliqué Jan Jambon devant les députés. Une argumentation technique qui a convaincu le gouvernement de suivre l'avis de l'expert.
Un combat personnel pour Bouchez
Pour Georges-Louis Bouchez, président du MR, ce n'est cependant qu'un combat en suspens. Sur X, le libéral francophone a maintenu sa ligne : « La fusion entre Belfius et Ethias est indispensable pour l'économie belge. Il est évident que pour le MR, avancer sur la privatisation de Belfius ne pourra se faire sans garanties solides et claires sur cette fusion. »
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